C dans l'air | Politique : drôle d’ambiance - 02/05

L’opération reconquête se poursuit. Alors que l’Insee vient d’annoncer une croissance de 0,5 % au premier trimestre et un fort rebond de la consommation des ménages, vingt-cinq parlementaires socialistes ont publié dans les colonnes du Monde une tribune intitulée "Oui, notre pays avance dans le bon sens", destinée à défendre le bilan de François Hollande. Après le net recul (– 1,7 %) du chômage enregistré au mois de mars et le succès industriel du groupe français DCNS, les bonnes nouvelles semblent se succéder sur le front économique. Mais si les indicateurs passent au vert et les responsables de l'exécutif reprennent en cœur "ça va mieux", la petite phrase lâchée par le chef de l’Etat lors de sa dernière interview télévisée, François Hollande retrouve dans les sondages son impopularité record de 2014. Et dans la rue comme dans l’hémicycle de l’Assemblée, la contestation ne faiblit pas. Ainsi les défilés du 1er mai étaient, cette année, placés sous le signe de la lutte contre le projet de loi Travail que le gouvernement s'apprête à défendre au palais Bourbon. Ce mardi, les députés entament en effet l’examen du texte et les débats s’annoncent âpres. L'opposition des frondeurs et les réticences d'autres députés de la majorité promettent des échanges mouvementés, avec près de 5.000 amendements déposés sur le texte. Consciente que la bataille au Parlement y sera très rude, la ministre du Travail a promis que les discussions pourraient permettre d' "enrichir le texte". Mais l’épreuve n’est pas sans risque. Et devant l’éventualité de manquer de voix pour faire passer le texte, l’exécutif songerait désormais à recourir au fameux 49-3, cet article de la Constitution qui permet au Premier ministre d'engager sa responsabilité sur un texte. Alors la loi El Khomri subira-t-elle le même sort que la loi Macron ? Avant l’ouverture des débats, l’ambiance est plus que tendue… Autre lieu, autre contestation, cette fois au Front national. Pour la deuxième année consécutive, Jean-Marie Le Pen a ainsi réussi à perturber le 1er mai du FN. Huit mois après son exclusion, et alors que le parti présidé par Marine Le Pen a remplacé son traditionnel défilé par "un banquet patriote" porte de la Villette, le patriarche a organisé son propre rassemblement, place des pyramides, à Paris.

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