Vote Mélenchon : huit arguments pour ceux qui doutent

À CEUX QUI VEULENT LA GAUCHE AU POUVOIR

Qui aurait pu imaginer il y a quelques semaines qu'un candidat de gauche puisse être en capacité d'accéder au second tour, voire de gagner ? Jean-Luc Mélenchon est en position de créer la surprise et il est, aujourd'hui, l'unique chance de la gauche d'y parvenir. Cette fois, le fait qu'il soit le candidat préféré de l'électorat de gauche est beaucoup plus profond que l'habituel « vote utile ». Si le candidat de la France insoumise, soutenu par le PCF, est le mieux placé c'est avant tout parce que ses orientations politiques correspondent le mieux aux intérêts et aspirations de la base sociale de la gauche ; il veut à la fois réhabiliter la puissance publique dans l'économie pour protéger les travailleurs, démocratiser les institutions et promouvoir l'égalité pour les individus.

Le programme de JLM et celui de ses soutiens contient des propositions qui renouent avec tous les combats historiques de la gauche : augmentation des salaires, baisse du temps de travail, extension des libertés... C'est pour avoir renoncé à ses objectifs que la gauche s'est perdue et n'a pu compter ces dernières années que sur le rejet de la droite pour revenir au pouvoir. Pour la première fois depuis 1981, c'est en portant un projet que la gauche peut gagner. Et pour la première fois tout court, c'est un projet de transformation sociale qui pourrait être mis en oeuvre. La victoire de Jean-Luc Mélenchon permettrait la formation d'une majorité de gauche regroupant tous ceux qui veulent en finir avec l'austérité et tourner la France vers l'avenir. C'est la chance redonnée à la gauche de ne pas décevoir une nouvelle fois.

« C'est une série d'engagements qui font écho à plusieurs de nos Amnesty internationale  revendications.»

À CEUX QUI S'INQUIÈTENT DE LA DÉRIVE ANTIDÉMOCRATIQUE

Jamais sans doute une campagne électorale n'aura autant été marquée par les « affaires », nom pudique pour évoquer l'oligarchie et les puissances d'argent. Avec deux des candidats favoris mis en examen (François Fillon et Mme Le Pen), un parfum d'argent sale flotte sur la République. Mais ces affaires ne sont que l'écume de la crise démocratique : le mal est profond. La Ve République exclut les citoyens de la décision politique et organise l'entre-soi. Passer à la VIe République, via une Assemblée constituante dont une part des membres seraient tirés au sort (et dont tous ne doivent jamais avoir été déjà élus), est donc le principal objectif de Jean-Luc Mélenchon. Et si, comme Laurent Berger, vous avez peur d'une « dérive assez totalitaire », sachez qu'Amnesty International a salué « une série d'engagements qui font écho à plusieurs de nos revendications ».

À commencer par la sortie de l'état d'urgence, qui s'est révélé inefficace sur le plan de la sécurité mais très dangereux sur celui des libertés. Quant à la probité des élus, thème incontournable, plusieurs mesures fortes figurent au programme de Jean-Luc Mélenchon : inéligibilité à vie de toute personne condamnée pour corruption, droit de révocation des élus en cours de mandat. Et, afin de donner de l'air à la démocratie, élection législative à la proportionnelle, droit de vote à 16 ans et référendum d'initiative populaire.

À CEUX QUI PENSENT S'ABSTENIR

Voter, ça ne sert à rien, rien ne change jamais. Comment en vouloir aux électeurs (environ un tiers d'après les sondages) qui s'apprêteraient à ne pas voter. Malgré les promesses de changement, les deux derniers quinquennats, l'un avec un président de droite, Nicolas Sarkozy, et le second avec un président de gauche, François Hollande, se sont tous deux finis dans la déception et la régression sociale. 1 million de chômeurs supplémentaires sous le mandat du premier, 600 000 sous le second. Ces deux présidents comme leurs prédécesseurs ont appliqué les mêmes méthodes : cadeaux au patronat (10 milliards pour l'un, 40 milliards pour l'autre), avec baisses de cotisations sociales, de la fiscalité ainsi qu'un assouplissement du marché du travail. Jean-Luc Mélenchon et ses soutiens proposent un tout autre chemin : réorienter l'argent pour le rendre utile aux besoins de la population. Avec un plan d'investissement de 100 milliards (les aides aux entreprises représentent aujourd'hui 220 milliards par an), dans la transition écologique et les activités socialement utiles, réindustrialisation grâce au pilotage public notamment dans l'énergie et les transports... Pour le financement de ce nouveau mode de développement, le PCF propose la nationalisation de BNP et la Société générale. Le feront-ils ?

Contrairement aux autres candidats, Jean-Luc Mélenchon propose une VIe République dans laquelle le peuple a la parole et même la possibilité de révoquer les élus. Vaut-il mieux tenter de s'en sortir seul que de parier sur des règles collectives ? C'est le mirage américain basé sur la réussite individuelle. Résultat ? 80 % de la population se partage 7 % des richesses. Mais l'action collective et les systèmes de redistribution, comme la Sécu, permettent de relever les avantages des plus fortunés à 35 %. Voter peut donc permettre d'avancer dans le sens d'une plus juste répartition des richesses, l'immense majorité y a intérêt.

À CEUX QUI SONT PRÉOCCUPÉS PAR L'ENVIRONNEMENT ET L'AVENIR DE LA PLANÈTE

L'écologie, c'est le point de départ et le point d'arrivée de ma démarche. » Ces paroles prononcées par Jean-Luc Mélenchon, en juin 2016, illustrent bien la prise en compte de l'urgence écologique comme point central, et ce depuis plusieurs années. Au point de rallier de nombreux citoyens engagés dans cette lutte depuis longtemps : Nicolas Hulot lui même avait ainsi indiqué avoir voté pour lui en 2012. Il est loin d'être le seul : déçus par les renoncements du quinquennat Hollande en matière écologique, de nombreux membres d'EELV ont aussi rejoint la campagne de Mélenchon avec ce mot d'ordre : « Pour une écologie insoumise au libéralisme ». Car le candidat de la France insoumise, tout comme ses soutiens, estime qu'il est impossible de s'attaquer à la crise écologique sans faire de même avec la crise sociale et démocratique, les trois étant inextricablement liées. En guise de réponse, deux mesures phares : la transition écologique (via la planification, qui permettrait de créer près de 900 000 emplois) et l'inscription de la « règle verte » dans la Constitution. Sur ce dernier point, il s'agit de graver dans le marbre l'interdiction de « prélever sur la nature plus que ce qu'elle peut reconstituer ». Autres axes forts : la sortie du nucléaire à l'horizon 2050, le développement d'une économie de la mer, et celle d'une agriculture paysanne. Une écologie politique réelle, donc.

À CEUX QUI VOTERAIENT MACRON POUR VOTER UTILE

À mesure que le scrutin approche, l'argument du « vote utile » en faveur d'Emmanuel Macron s'est dégonflé. Quatre candidats sont désormais au coude-à-coude pour se qualifier pour le second tour : Emmanuel Macron, Mme Le Pen, Jean-Luc Mélenchon et François Fillon. Le « vote utile » en faveur de Macron était fondé sur le risque d'un second tour François Fillon-Mme Le Pen. Ce cas de figure est aujourd'hui beaucoup moins probable, en raison des affaires ayant pollué la campagne du candidat de la droite. En revanche, Jean-Luc Mélenchon a de sérieuses chances d'assurer la présence de la gauche au second tour. Les sondages de second tour donnent également le candidat de la France insoumise vainqueur tant contre Mme Le Pen que contre François Fillon. Il s'impose donc désormais comme le vote utile le plus efficace non seulement pour barrer la route au FN, mais également pour faire gagner la gauche. Et sur les plans économique et social, c'est le programme de Jean-Luc Mélenchon qui est le plus à même de relancer la machine économique.

Emmanuel Macron, prétendant « libérer l'économie », s'inscrit dans la continuation des politiques néolibérales menées par Nicolas Sarkozy et François Hollande, avec les conséquences que l'on connaît. Le programme de Jean-Luc Mélenchon prévoit un « choc d'investissements » de 100 milliards d'euros, dont 50 milliards dans la transition écologique, une masse qui permettra de remettre en route l'activité économique.

Date de dernière mise à jour : 01/05/2017