UNE FEMME DÉCÈDE DES SUITES D’UNE OTITE

Un drame s’est produit à l'hôpital Edouard-Herriot de Lyon. Une étudiante lyonnaise originaire du Nicaragua (Amérique Centrale) est décédée le 23 février de complications rares d’une otite. La mère de la victime a porté plainte contre l’hôpital pour "homicide involontaire" rapporte le quotidien régional Le Progrès.

Une otite avec complication rare
Léana Bonilla Cruz, 19 ans, est arrivée en France en août 2017 pour étudier la littérature à l’université Lyon 2. Quelques jours avant son décès, la jeune femme s'est rendue aux urgences à deux reprises, le 9 février puis le 12 février 2018. Lors de sa première visite, le médecin des urgences lui a prescrit un traitement pour une otite. L’état de Léana s’est aggravé dans les jours suivants et le 21 février, elle a finalement été transportée à l’hôpital Edouard-Herriot, dans un état de coma . La jeune femme serait arrivée en réanimation en état de mort cérébrale. Elle est décédée le 23 février d’une hypertension intracrânienne consécutive à un abcès cérébral, une complication rare selon les informations du Progrès. Une hypertension intracrânienne se définit comme une augmentation de la pression à l'intérieur de la boîte crânienne.

Une "erreur médicale" pour la mère de la victime
Arrivée en France le 22 février 2018, la mère de la victime, Carolina Cruz estime qu’il y a eu "une erreur médicale". "Les médecins n'ont pas pris le temps de diagnostiquer correctement le mal dont souffrait ma fille. Ils n’ont pas pu prendre en compte ses symptômes, n’ont pas su voir le caractère urgent de la situation, disant à ma fille qu’une otite n’était pas une urgence" a-t-elle déclaré aux policiers lors de son dépôt de plainte contre l'hôpital pour "homicide involontaire". La mère de Léana pense que sa fille a attendu près de huit heures aux urgences avant d’être prise en charge, car elle et ses amis "n’ont pas été pris au sérieux" rapporte le journal. Elle déclare également, en se basant sur le témoignage des amis de sa fille, que Léana "était très faible, elle avait des maux de tête, vomissait… mais on ne les a pas écoutés car ils étaient jeunes. Ses amis ont insisté, mais les médecins n’aiment pas être contredits… pourtant c’est le patient qui sait ce qu’il sent. Il faut qu’ils écoutent. Ça n’aurait pas dû arriver. Je ne veux pas qu’elle meurt comme cela sans que son histoire soit connue". La mère réclame justice. Si la procédure au pénal n’aboutit pas, elle souhaite entamer une procédure au civil.

Des examens “normaux” pour le chef des urgences
Pour le Pr Karim Tazarourte, chef des urgences de l’hôpital Edouard-Herriot, Léana se serait présentée aux urgences le 12 février et aurait été prise en charge par une infirmière dans la demi-heure afin qu’elle évalue le degré d’urgence de sa maladie. Elle aurait été classée dans la catégorie des malades ne présentant aucun caractère d’urgence, explique-t-il au quotidien. Après avoir attendu longuement, elle aurait été examinée par un “médecin senior expérimenté” et “les examens étaient strictement normaux”. Il explique que l’examen neurologique, la pression artérielle et la température corporelle de Léana était normaux. Pour lui, le traitement initial apporté à la jeune femme, à base d’antalgiques et d’antibiotiques "était adapté".