Renault : Macron et Ghosn soldent leur litige

 

Fin de partie entre le président de la République, Emmanuel Macron, et le patron de Renault, Carlos Ghosn. L’Agence des participations de l’Etat (APE) a annoncé, jeudi 2 novembre, la revente des 4,73 % du capital du constructeur automobile acquis par surprise en avril 2015 pour 1,21 milliard d’euros.

Alors ministre de l’économie, M. Macron avait temporairement renforcé le poids de l’Etat en passant de 15,01 % à 19,74 % du capital et en imposant les droits de vote double prévus par la loi Florange pour récompenser les actionnaires de long terme. Contre l’avis du PDG, du conseil d’administration et du partenaire japonais de l’alliance Renault-Nissan, dans laquelle le français détient 43,4 % du constructeur nippon et celui-ci 15 % de l’ex-Régie nationale.

Huit mois plus tard, M. Macron et M. Ghosn trouvaient un compromis pour que l’Etat ne s’immisce pas dans la gestion opérationnelle du groupe. Mais l’APE a mis du temps à céder ce paquet d’actions, bloquée durant les périodes où elle pouvait être accusée de délit d’initié et peu désireuse de vendre au-dessous du prix d’acquisition. L’horizon s’est dégagé en octobre après la présentation de son plan stratégique 2017-2022, puis la publication d’excellents résultats au troisième trimestre, marqué par une hausse de 15,9 % du chiffre d’affaires.

A l’issue de la vente de 14 millions de titres (à 86,42 euros par action) réalisée à travers un placement auprès d’investisseurs institutionnels, l’Etat redescend à 15,01 % du capital. Le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, se frotte les mains : « Cette opération est un succès stratégique, obtenu dans des conditions patrimoniales favorables puisque l’Etat enregistre une plus-value de plus de 55 millions d’euros. »

Hypothèque levée

De son côté, la firme au losange a participé à l’opération dans le cadre de son programme de rachat d’actions en acquérant 10 % des titres cédés, qu’elle proposera à ses salariés et à ses retraités. Pour M....