Réforme du lycée

La réforme du lycée opérée par Jean-Marie Blanquer se fait en plusieurs phases, mais elle conduit à une impasse.

Phase 1, en novembre dernier, la réforme de l’admission post-bac avec le passage d’APB à Parcoursup. Une fausse réforme en réalité, car hormis le nom, rien n’a vraiment changé. Même la plate-forme informatique est restée la même, comme ont pu le constater les professeurs dont les Terminales ont fini de remplir leurs vœux le 31 mars dernier.

Jusqu’à présent c’était l’informatique qui se chargeait des affectations (le fameux algorithme), désormais ce seront les êtres humains. Mais en la matière, une machine travaille mieux que des petites mains pas très nombreuses. De gros cafouillages sont déjà en train de se produire, les universités ne savent plus comment traiter ces monceaux de papier. On peut prévoir de gros problèmes au mois de mai, quand les premiers résultats d’affectation vont arriver.

Phase 2, l’annonce de la réforme du baccalauréat. En guise de simplification, une véritable usine à gaz. Des coefficients compliqués qui rendent le calcul de la note finale bien ardue. Un grand oral dont on ne sait à peu près rien, et qui devrait reposer sur du vent. Mais surtout, des écrits de baccalauréat disséminés en Première (deux semaines d’écrits) et en Terminale (une semaine d’écrits).

 

Réforme du bac : la course du mammouth obèse


Donc trois semaines d’écrits au lieu d’une actuellement. Ce qui signifie donc trois fois plus d’heures de cours perdues à faire passer ces écrits et trois fois plus de copies à corriger. Là aussi, on repassera pour la simplification. Cette réforme va être appliquée pour la première fois en 2021. Je prends les paris qu’elle sera abandonnée dès 2023 pour revenir à quelque chose de beaucoup plus simple. Le brevet, dont plus personne ne parle, vient de connaître une troisième réforme en trois ans de ses modalités de passage.

Phase 3, l’annonce des nouveaux volumes horaires. C’est ce qui est vraiment intéressant, car c’est ce qui ventile les postes et ce qui donne les contenus réels du lycée. Les premiers projets, presque définitifs, ont été donnés cette semaine ; nous allons y revenir.

Phase 4, d’ici la fin de l’année ou le début de l’année scolaire prochaine : l’annonce des nouveaux programmes. On verra ainsi comment les lycéens sont réellement traités. Comme il faut conjuguer l’exigence académique et le lycée général pour tous, on peut craindre moins de contenus et plus de ludiques. Rien de vraiment nouveau donc.