Quand Emmanuel Macron attaque Marine Le Pen

Selon son entourage, c’était très calculé. Le deuxième grand meeting de campagne d’Emmanuel Macron, à Lyon, le 4 février, n’a donné lieu à aucune annonce. Au risque de décevoir. L’ex ministre de l’Economie est très attaqué par ses concurrents pour le flou de son programme. Qu’importe ! « Ce n’est pas avec des mesures que l’on donne envie », glisse un conseiller qui a participé à l’écriture du discours. « Ce n’est pas une démonstration de force, c’est une démonstration d’envie », a lâché Emmanuel Macron. En fait, pour lancer la dernière ligne droite de la campagne présidentielle, il a d’abord montré ses muscles, en rassemblant 16 000 personnes selon les organisateurs, un chiffre sans doute gonflé mais très supérieur à l’affluence du rassemblement de Marine Le Pen, qui avait lieu le même jour, mais se poursuit aujourd'hui. 

Les "aigreurs" du clan Le Pen

Mais le candidat d’En Marche a voulu aussi fédérer ses troupes sur ses valeurs, dans un discours très présidentiel. A priori, rien de bien novateur puisqu’il propose de donner un contenu réel à la devise républicaine « Liberté, Egalité, Fraternité ». Et beaucoup de bonnes intentions, qu’il a déjà répétées, avec des formules parfois bien vagues -« nous ne pouvons plus glorifier le capitalisme sans nous évertuer à en limiter les excès ». Mais en martelant son socle de valeurs, Macron a lancé des flèches à ses adversaires, notamment à la présidente du Front National qui caracole en tête dans les sondages, autour de 25% des intentions de vote au premier tour.

« Certains prétendent parler au nom du peuple. Ce ne sont que des ventriloques. Ils prêtent aux Français des valeurs qui ne sont pas les leurs. Ils trahissent la liberté en rétrécissant notre horizon. Ils trahissent l’égalité en décrétant que certains sont plus égaux que d’autres. Ils trahissent la fraternité car ils détestent les visages qui ne leur ressemblent pas », a-t-il lancé, en visant directement les Le Pen : « ils ne parlent pas au nom du peuple, ils parlent au nom de leurs aigreurs. Ils ne parlent pas pour le peuple, ils parlent pour eux-mêmes, de père en fille et de fille en nièce ». 

A l’inverse, Macron se présente comme le candidat de la fraternité, en mettant en avant sa « bienveillance », au risque de paraître naïf ou « fleur bleue ». Mais c’est devenu l’un de ses marqueurs : « Nous sommes un peuple uni par une institution invisible, la fraternité. Elle n’est jamais donnée, toujours à construire, à préserver, à renouveler ». Et  il a livré sa vision de la culture, qui « ne doit pas être une assignation à résidence. Elle est diverse, multiple, ouverte à ceux qui viennent d’ailleurs ». 

Date de dernière mise à jour : 13/02/2017