Quadruple meurtre des Troadec

Nous avons rencontré la mère du suspect du quadruple meurtre de la famille Troadec, Hubert C., avant que celui-ci ne passe aux aveux. Elle parle du burn-out de son fils, des relations tendues avec les Troadec et des fameux lingots d'or dont aurait hérité Pascal, une légende familiale selon elle.

Plouguerneau, petite ville de la côte nord du Finistère, au charme typiquement breton. C’est ici, à une trentaine de kilomètres de Brest, que vivent Hubert C. et Lydie, la soeur de Pascal Troadec, désormais suspects numéro un du meurtre de la famille Troadec, depuis les aveux de Hubert.

 

La famille de ce dernier est installée ici depuis de nombreuses années. C’est là que Lydie, qu’il aurait rencontrée sur internet il y a près de dix ans, est venue le rejoindre. A quelques encablures du pavillon modeste et claquemuré du couple, nous avons rencontré Evelyne*, la mère de Hubert, alors que celui-ci n’était pas encore passé aux aveux.

 

Bouleversée de la garde à vue de son fils et des soupçons terribles pesant sur sa tête, Evelyne refusait de croire à ces accusations. «J’ai encore subi une perquisition ce matin (hier matin NDLR). Et avoir tout un groupe de policiers qui débarquent chez vous pour tout fouiller, c’est vraiment désagréable ». Et la septuagénaire de déplorer les perquisitions chez Hubert. « Ils ont tout pris chez eux. Les ordinateurs, notamment », détaille la grand-mère.

 

 

 

« Il commençait tout juste à remettre le pied à l’étrier... »

 

En jetant un regard soucieux sur son jardin rempli de souvenirs, Evelyne soupire. « Je ne comprends pas pourquoi on jette l’opprobre sur notre famille. Nos enfants, on les a bien élevés ». Et la grande-mère de détailler la situation professionnelle de son fils, cet ingénieur qui travaille à l’arsenal de Brest, qui a été « victime d’un gros burn-out, il y a un peu plus de trois ans ». Un burn out qui l’a empêché de travailler tout ce temps.« Il commençait tout juste à remettre le pied à l’étrier... »

 

Avec émotion, elle détaille aussi la maladie longue et douloureuse dont a été victime après la naissance de leur enfant sa belle-fille Lydie, une secrétaire médicale de 47 ans, désormais en invalidité à cause du traitement qui a handicapé un de ses bras.

 

Evelyne et son mari décédé, tous deux bretons, ont longtemps vécu à Brest. « Nous, nous sommes un peu une famille de l’arsenal de Brest, glisse-t-elle, avec un sourire. La plupart des hommes, chez nous, y travaillent ou y ont travaillé ». Sa grande maison de Plouguerneau, elle l’a achetée « au début des années 70 ». Elle, son mari et ses quatre enfants dont son fils Hubert, y venaient passer le week-end et les vacances. Sa famille, qu’elle décrit comme « unie », « normale » et « sans histoire », est en grande partie restée en Bretagne.

 

Des relations «très tendues» avec la famille Troadec

 

L’affaire de la disparition des Troadec, elle ne l’expliquait pas hier. La main serrée autour de la petite croix qu’elle porte à son cou, Evelyne voulait encore se persuader que Pascal et Brigitte Troadec (49 ans) et leurs deux enfants, Sébastien (21 ans) et Charlotte (18 ans), étaient bien vivants. Sans détour, elle confirme les relations « très tendues » qu’entretenaient Pascal et sa femme Brigitte, avec son fils et sa belle-fille. Ses propres mots ne sont pas tendres non plus envers Brigitte Troadec. « Mais de toute façon, il paraît que cela fait un certain temps qu’ils ne se sont pas vus », notait-elle encore.

 

Quand à l’histoire des lingots d’or qui auraient été hérités à la mort du père de Lydie et Pascal Troadec, et que ce dernier aurait dérobé contre l’avis de sa soeur, Evelyne, n’a jamais cru à cette histoire, une « légende » familiale selon elle. Pour Evelyne, cette histoire est devenue une sorte de serpent de mer qui aurait empoisonné lentement les relations entre les deux couples. Le père de Pascal aurait possédé, à une époque, un immeuble dans le quartier historique de Recouvrance, à Brest. Un bien immobilier dont il louait les appartements. « Lors d’une série de travaux dans l’un d’eux, il paraît qu’on aurait trouvé des lingots d’or dans les murs, poursuit Evelyne. Mais, de ce que je sais, personne n’a rien récupéré du tout depuis la mort du père de Pascal, il y a environ six ans. »