Programme santé : François Fillon met de l'eau dans son vin

Il n'a pas voulu répondre sur le terrain des « affaires ». Les journalistes du Parisien qui ont interviewé François Fillon se sont vu objecter un silence dès lors qu'ils abordaient les questions fâcheuses portant sur l'emploi fictif présumé de son épouse, Penelope, ou d'une éventuelle mise en examen. Le candidat LR à la présidentielle, avec l'aide d'Éric Woerth, d'Hervé Gaymard et de Jean Leonetti, a entièrement remodelé son programme santé.

Il n'est plus question ici de gros et de petits risques, les premiers étant pris en charge par la Sécurité sociale, les seconds par les complémentaires santé privées. Une proposition ambiguë formulée par François Fillon au début de sa campagne et qui avait mis le feu aux poudres, y compris dans son propre camp. « Je n'ai jamais voulu mettre en place une santé à plusieurs vitesses », assure le candidat de la droite à la présidentielle, qui dénonce « la polémique absurde » qui avait suivi ses premières propositions. « J'avais initialement posé la question de la répartition des gros et petits risques entre l'Assurance maladie et les complémentaires santé », rappelle-t-il, expliquant avoir « juste posé une question légitime ».

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Le candidat de la droite a changé son fusil d'épaule : « Dès 2017, l'Assurance maladie prendra en charge à 100 % les lunettes pour enfants », dit-il, avant de promettre un reste à charge zéro pour les « audioprothèses, l'optique, les prothèses dentaires et les dépassements d'honoraires » avant la fin du quinquennat.

Un numerus clausus contre les déserts médicaux

Pour éviter que le coût des cotisations n'explose, François Fillon assure également qu'il mettra en place « une meilleure cohérence entre l'Assurance maladie et les complémentaires santé » . »Peut-être faudra-t-il que [ces dernières] mettent aussi la main à la poche. » François Fillon promet toujours un « retour à l'équilibre de l'Assurance maladie » et « 20 milliards d'économie sur le quinquennat ».

Afin de lutter contre les déserts médicaux, le député de Paris propose d'adopter un numerus clausus et de permettre le remboursement des téléconsultations. Enfin, sur les hôpitaux, François Fillon suggère un retour progressif aux 39 heures, une plus grande autonomie de gestion au niveau local et une offre de soins rationalisée

Date de dernière mise à jour : 05/03/2017