Procès Fiona : le désespoir d’un père

 prend sur lui, encore et encore, depuis le début du procès. Tente, tant bien que mal, de ne rien montrer. Alors quand on lui permet enfin de prendre la parole, Nicolas Chafoulais, le père de Fiona, quitte son banc des parties civiles, au premier rang, pour s’en emparer et ne plus la lâcher. D’une voix d’abord à peine audible, il raconte, bouleversé, une enfant "facile à vivre, mignonne, adorable, sage, qui écoutait bien". Puis se tourne vers son ancienne compagne qui, depuis le box des accusés, ne peut soutenir son regard. Il poursuit. A l’école aussi, tout se passait bien. Fiona parlait avec tout le monde, "était gentille avec la maîtresse".
 
"Une vie normale"
 
En sweat à capuche, jean et baskets, le jeune homme de 31 ans raconte ses journées avec ses filles, quand Cécile travaille à l’usine.
 
"Fiona se levait. Elle tapait au mur. J’allais la chercher. On allait voir ensemble sa petite sœur. Je la changeais, Fiona restait à côté de moi. Puis Fiona mangeait ses céréales en regardant des dessins animés, elle aimait bien 'Dora'. Je lui mettais un coup de gant sur le museau. Je ne lui faisais pas des coiffures magnifiques mais je la peignais, et on partait pour l’école."
 
Le midi, il prépare le repas en avance pour qu’elle "ait le temps de jouer un peu après". Le soir aussi, c'est lui qui va la chercher. "Une vie normale", résume Nicolas Chafoulais à la barre.
 
La salle retient toujours son souffle quand sont projetées sur les écrans plusieurs photos de sa fille. Fiona tout sourire vêtue d’un pull bleu ciel. Fiona et sa petite sœur, une tétine verte dans la bouche. "Elles étaient inséparables", commente leur père. Fiona et sa mère, complices.

Date de dernière mise à jour : 19/12/2016