Primaire à gauche. Participation : entourloupe ou cafouillage ?

Il y a quelques semaines, la direction du Parti socialiste caressait l’espoir d’une participation de 3 millions d’électeurs. Puis Christophe Borgel, la cheville ouvrière de la primaire, estimait les jours derniers qu’il fallait faire 2 millions pour que « ça donne une impulsion ». Dimanche, le mot d’ordre consistait à dire et à faire dire qu’à 1,5 million, ce serait un succès.

Quinze heures après la fermeture des bureaux, on attend toujours le chiffre définitif.

Certains y voient le signe d’un tripatouillage. Cette hypothèse ne tient pas la route. La plupart des bureaux étaient surveillés par des représentants de chaque candidat qui n’avaient pas l’intention de laisser passer la moindre fraude.

D’autres évoquent des problèmes techniques. Il est vrai que les remontées ont été lentes, en particulier de la part des bureaux test. Est-ce la raison pour laquelle on nous a annoncé, hier soir à 20 h 30, une participation proche de 2 millions alors que l’on est très en deçà ?

Et puis, silence radio. Le temps de refaire les comptes ? De trouver les éléments de langage ? De passer au second tour pour faire oublier les chiffres du premier tour ?

En terme de participation, ce scrutin est un échec. Il a pour effet de donner un « vainqueur », Benoît Hamon, qui fait un tiers de voix de moins que Martine Aubry en 2011 et quatre fois moins que François Fillon en novembre ; un second, Manuel Valls, qui recueille 60 % de voix de moins que François Hollande ; un troisième, Arnaud Montebourg qui fait la moitié du Montebourg de 2011 !

Il est faux de parler de poussée de Benoît Hamon. Il serait plus juste de parler du reflux des autres. C’est comme la mer en Bretagne : quand la marée de la participation descend apparaissent les récifs. Benoît Hamon est un récif, Manuel Valls et Arnaud Montebourg des bancs de sable.