Présidentielle 2017 : le programme d'Emmanuel Macron

Accusé d'être trop vague dans ses propositions, Emmanuel Macron a abattu ses cartes sur son programme jeudi 2 mars pour tenter de faire taire les critiques. 

Emmanuel Macron y est toutefois allé à reculons. En février, l'ancien banquier avait jugé que c'était une «erreur» de penser que le programme était «le coeur» d'une campagne. Le leader du mouvement «En marche !» avait néanmoins esquissé les grandes lignes dans son livre-programme «Révolution» où il s'y présente à la fois comme «libéral» et «de gauche» et où il affirme vouloir privilégier une «troisième voie», qui par exemple, protège «non pas les emplois mais les salariés».

Il avait par ailleurs distillé quelques points saillants de son projet sur quelques thématiques. Le 24 février, l'ancien ministre de l'Economie dévoilait son programme économique. Les jours suivants, il levait le voile sur des ambitions en matière de santé ou sur les banlieues.

60 milliards d'économies

Emmanuel Macron veut économiser 60 milliards d'euros sur le budget de l'Etat sur cinq ans, dont 25 milliards sur la seule «sphère sociale». Il veut ainsi réduire de 15 milliards les dépenses liées à l'assurance maladie, ce sans supprimer de poste dans l'administration hospitalière. Il ambitionne également de réduire de 10 milliards d'euros les dépenses de l'assurance chômage. 

Autre secteur dans lequel l'ancien ministre de François Hollande souhaite réaliser des économies, les collectivités locales, où il veut réduire de 10 milliards les dépenses. Il veut pour ce faire «nouer un pacte» avec celles-ci en leur donnant des «marges de manoeuvre». Elles auraient ainsi plus de latitude concernant l'évolution du salaire des fonctionnaires et «pourront revenir sur la réforme des rythmes scolaires». 

Emmanuel Macron veut aussi réduire le nombre de fonctionnaires, en supprimant 120.000 emplois (70.000 dans les collectivités et 50.000 pour l'Etat). Il envisage aussi le retour à un seul jour de carences pour les fonctionnaires, une mesure instaurée par la droite et abrogée par François Hollande en 2012. 

Individualiser l'impôt sur le revenu

L'ex-ministre veut mettre en oeuvre une «politique fiscale plus réaliste» : «sur le quinquennat, mon objectif est d'aboutir à une baisse nette des prélèvements obligatoires de 20 milliards, pour soutenir le pouvoir d'achat et l'investissement», a-t-il expliqué. 

Emmanuel Macron veut permettre aux couples le choix d'individualiser l'impôt sur le revenu, et promet des réductions d'impôt «pour environ 10 milliards d'euros» pour les classes populaires et moyennes, dès le début du quinquennat. 

Diminuer l'impôt sur les sociétés

Emmanuel Macron veut ramener l'impôt sur les sociétés de 33,3% à la moyenne européenne, soit 25%.  

Supprimer (en partie) la taxe d'habitation

Estimant qu'il s'agit d'un impôt «injuste», Emmanuel Macron veut exonérer de taxe d'habitation 80% des «ménages modestes et de classe moyenne». De manière générale, il souhaite mettre en place «une politique d'exonération sur les impôts locaux». 

Emploi : assouplir les 35 heures

Le candidat entend «réformer en profondeur le marché du travail et la formation professionnelle» et «déconcentrer l'organisation de la vie économique et sociale au niveau de la branche et de l'entreprise».Il souhaite ainsi assouplir les 35 heures par des «accords négociés majoritaires». «Les 35 heures, ça marche très bien dans certains secteurs mais il y a des secteurs où elles posent un vrai problème de compétitivité ou d'organisation» a-t-il estimé.

Emmanuel Macron affirme ne pas avoir l'intention de modifier le SMIC mais veut toutefois «alléger les cotisations salariales et patronales».

Il envisage également d'instaurer un bonus-malus pour les entreprises abusant des CDD courts, afin de favoriser les CDI.

Les allocation chômage conditionnées

Macron veut suspendre le versement des allocations chômage après le refus de plus de deux offres d’emploi « décent », pour un salaire qui « n’est pas inférieur de plus de 20-25 % » à l’ancien poste. 

Plus de flexibilité sur le chômage

Emmanuel Macron estime que le «taux de chômage peut raisonnablement atteindre 7% en 2022». Il a ainsi annoncé une «décentralisation des négociations sociales : c'est la loi qui définira l'ordre public social (...) Il faut assumer davantage de flexibilité». Il mise sur une réforme de l'Unedic pour «aller vers une assurance-chômage universelle».

50 milliards d'investissement public

Emmanuel Macron propose d'investir 50 milliards d'euros sur la durée du quinquennat, dont 15 seraient consacrés à la formation des jeunes et des demandeurs d'emploi, et 15 autres à la transition écologique et énergétique. 

Concernant les banlieues, le candidat à la présidentielle entend proposer l'instauration des «emplois francs». En clair, une entreprise qui embauchera un habitant d'un des 200 quartiers prioritaires de la politique de la ville touchera une prime de 15 000 euros. 

Transformer le RSA

Comme il l'a annoncé sur France Inter mercredi 1er février, l'ancien ministre de l'Economie souhaite augmenter la prime d'activité pour les gens au Smic. «Aujourd'hui, le lissage n'est pas bon, ce qui fait que quand vous rentrez dans le travail avec un Smic à temps partiel ou un Smic et que vous étiez au RSA, vous n'avez par la prime d'activité, vous n'êtes pas incité forcément à travailler», a-t-il expliqué, estimant que «le gain marginal est trop réduit». «Ca, on va l'augmenter pour en gros 100 euros par mois pour quelqu'un qui est au Smic», a-t-il affirmé. Emmanuel Macron souhaite également «supprimer la totalité des charges au niveau du Smic», une mesure qui était déja prévue dans le pacte de responsabilité en 2014. 

Date de dernière mise à jour : 20/03/2017