Pourquoi Fillon a "spoilé" sa propre mise en examen

Le candidat de la droite a lui-même annoncé sa mise en examen... alors qu'il n'en était pas sûr lui-même. Une façon de faire de cette issue judiciaire un non-événement.

Comme il l'a annoncé lui-même le 1er mars, François Fillon a été mis en examen ce mardi dans le cadre de l'enquête sur les emplois présumés fictifs de son épouse et de deux de ses enfants. "On ne peut pas dire que je m'y rende avec plaisir. Depuis le début je ne suis pas traité comme un justiciable comme les autres", s'était plaint lundi le candidat de la droite au micro d'Europe 1. 

 

L'ancien Premier ministre ne se faisait pas d'illusions sur son sort et s'attendait à être mis en examen. En théorie pourtant, il pouvait ressortir avec un simple statut de témoin assisté. "Quand les enquêteurs ont eu le choix entre deux options à prendre dans ce dossier, ils ont toujours choisi la plus dure pour François Fillon", expliquait une proche conseillère du candidat. Ce qui n'est pas rigoureusement exact puisque le parquet financier aurait pu renvoyer l'ancien Premier ministre directement devant le tribunal correctionnel. 

"L'événement serait qu'il ne soit pas mis en examen"

Dans sa communication, François Fillon n'a jamais cherché à minimiser le risque de mise en examen. Dans sa déclaration du 1er mars -qui allait mettre le feu au QG de campagne- il indiquait que son avocat l'avait informé de sa convocation "afin d'être mis en examen". 

Une stratégie assumée pour faire de sa mise en examen un non-événement. Alors que François Fillon avait délibérément fait des différentes mises en examen de Nicolas Sarkozy son axe d'attaque pendant la primaire de la droite, le député de Paris a anticipé la sienne pour la dégonfler, dans une position victimaire, auprès de l'opinion publique. 

Date de dernière mise à jour : 16/03/2017