Ouverts au rassemblement, les juppéistes demandent des gages à Fillon

Lors de leur réunion mardi matin au Sénat, les fidèles du maire de Bordeaux ont affirmé leur loyauté à leur famille politique et leur engagement à défendre le nouveau projet du candidat.

«Les juppéistes restent loyaux à leur famille politique. Bien sûr il y a eu des désaccords, il en reste, mais la priorité aujourd'hui est de permettre à nos idées de l'emporter.» Jean-Pierre Raffarin a résumé l'état d'esprit des soutiens d'Alain Juppé en sortant de la réunion organisée mardi matin au Sénat. L'ancien premier ministre avait convié une quarantaine des supporters du maire de Bordeaux pour examiner la situation, vingt-quatre heures après le retrait «définitif» d'Alain Juppé.

Parmi les participants réunis autour de Jean-Pierre Raffarin, se sont retrouvés Nathalie Kosciusko-Morizet, Valérie Pécresse, Dominique Perben, Benoist Apparu, Gilles Boyer, Christine Albanel, Virginie Calmels, Fabienne Keller, Maël de Calan, Pierre-Yves Bournazel, Jean-Baptiste Lemoyne et Jean-Pierre Grand.

Tous ont salué «la décision d'homme d'État d'Alain Juppé». «Comme toujours, il impose le respect», confie Raffarin. Si certains gardent des réserves sur le candidat, ils sont convenus, dans leur «immense majorité», de soutenir la campagne présidentielle en défendant le programme présenté dans le week-end. «Ce projet a connu des réglages sur les aspects régaliens qui nous conviennent mais il fait aussi la part à la cohésion sociale, à la politique de l'offre, des priorités que défend Alain Juppé», explique l'un des participants. Samedi, François Fillon avait fait de discrètes ouvertures, en précisant, par exemple, que le passage aux 39 heures dans la fonction publique ne se ferait pas sans négociations salariales. Jusqu'à présent, le député de Paris campait plutôt sur la position des 39 heures payées 35.

Les juppéistes ont également indiqué qu'ils souhaitaient continuer à faire vivre «l'identité politique construite» par leur champion en poussant ses idées au sein du parti. «La France est en cristal, prenons bien garde à ne pas la briser, n'alimentons pas le feu des populismes», s'alarme Raffarin.

Des juppéistes intégrés dans l'équipe de campagne?

Certains conservent cependant beaucoup d'amertume à l'égard du comportement de François Fillon. L'eurodéputé Alain Lamassoure s'estime notamment trahi par un candidat «parjure» qui est revenu sur sa promesse de ne pas se maintenir s'il était mis en examen. Le sénateur Jean-Pierre Grand, de son côté, a annoncé qu'il ne fera pas campagne pour François Fillon. Des voix critiques mais «très minoritaires», selon plusieurs participants.

Pour panser les plaies, les juppéistes demandent «à François Fillon les conditions de l'apaisement interne et du rassemblement». C'est-à-dire une réintégration des juppéistes volontaires dans l'équipe de campagne? Officiellement, aucun poste n'est demandé mais de propositions pourraient être faites. Les fillonistes songent ainsi à Jean-Pierre Raffarin pour le poste de représentant pour les affaires européennes et internationales auprès du candidat. Bruno Le Maire a abandonné la semaine dernière cette fonction convoitée qui flèche vers le portefeuille du Quai d'Orsay en cas de victoire. Nathalie Kosciusko-Morizet pourrait également voir récompenser sa fidélité au candidat à travers les épreuves des derniers jours.

À l'issue du rendez-vous des juppéistes, Jean-Pierre Raffarin s'est rendu au QG de campagne, rue Firmin-Gillot, pour un entretien avec François Fillon en tête-à-tête. Ce sera l'occasion pour les fidèles du maire de Bordeaux de mesurer dans quelle disposition d'esprit se trouve aujourd'hui le candidat à leur égard.