Nouvel attentat après la tuerie d’Istanbul

Un nouvel attentat a fait deux morts dans la ville côtière d’Izmir, 5 jours après la tuerie d’Istanbul dont l’auteur est toujours en fuite.

L’attaque à la voiture piégée a visé un tribunal d’Izmir, tuant un policier et un huissier, selon les médias turcs. Deux «terroristes» ont en outre été tués par la police après l’explosion, selon la même source. Six personnes, dont trois policiers, ont par ailleurs été blessées, a annoncé l’agence Dogan.

Le PKK soupçonné

Les autorités turques soupçonnent le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) d’être à l’origine de l’attaque d’hier. «Un de nos frères policiers est décédé, mais il a permis d’empêcher un bien plus grand nombre de victimes », a estimé le préfet d’Izmir. Les assaillants ont déclenché leurs explosifs lorsqu’ils ont été arrêtés à un contrôle policier devant le tribunal, selon l’agence progouvernementale Anadolu. Deux suspects liés à l’attaque ont été arrêtés, a ajouté l’agence. « Vu leur équipement, il apparaît que l’objectif était de faire un carnage bien plus important», a déclaré le vice-Premier ministre, Veysi Kaynak.

Cet attentat est le dernier en date d’une série d’attaques qui a endeuillé la Turquie en 2016 et qui ont été soit imputées aux djihadistes du groupe État islamique (EI) soit revendiquées par la rébellion kurde.

Il intervient alors que les autorités turques recherchent activement l’auteur du carnage d’Istanbul, qui avait réussi à prendre la fuite après avoir tué 39 personnes et blessé des dizaines d’autres pendant la célébration du Nouvel An dans une boîte de nuit, le Reina. Cette tuerie a été revendiquée par l’EI.

Présumés complices

Le chef de la diplomatie turque Mevlüt Cavusoglu avait annoncé mercredi que l’auteur de l’attentat du Nouvel An avait été identifié, sans dévoiler son nom ni sa nationalité. Le vice-Premier ministre Veysi Kaynak a affirmé que l’homme, dont plusieurs images ont été diffusées, était probablement d’origine ouïghoure et que les autorités étaient près de le localiser.

Dans le cadre de l’enquête sur cet attentat d’Istanbul, plusieurs personnes soupçonnées d’être des complices de l’assaillant ont été arrêtées jeudi à Silivri, près de la métropole turque, selon Anadolu, qui n’a pas donné de chiffre précis. Les suspects sont originaires du «Turkestan oriental», ancien nom de la région chinoise du Xinjiang à majorité ouïghoure, précise l’agence.

Au moins 36 personnes se trouvent en garde à vue dans le cadre de l’enquête. Parmi elles, selon les médias turcs, figurent notamment l’épouse de l’assaillant présumé, et de nombreuses personnes originaires d’Asie centrale.

Des perquisitions menées à Izmir après l’arrestation d’une vingtaine de personnes avaient permis la découverte de lunettes de vision nocturne, de matériel militaire et de faux passeports, d’après l’agence Dogan.