Macron, un 1er Mai pour un second souffle ?

Marine Le Pen multiplie les coups d'éclat et met de plus en plus la pression sur le candidat d'En Marche ! pourtant favori du scrutin.

Emmanuel Macron avait déclaré mardi sur France 2 vouloir être « le maître des horloges » de sa campagne de second tour, après un début poussif. Mais force est de constater qu'après une semaine, c'est bien Marine Le Pen qui semble donner le ton, et surtout le rythme.

Il ne reste que quelques jours au patron des « marcheurs » avant le 2e tour de la présidentielle pour espérer maintenir l'écart — voire le creuser ? — vis-à-vis de sa concurrente directe. Après un passage à vide en début de semaine, le favori du scrutin a ensuite réaccéléré dès mercredi, en multipliant les déplacements. Crucial, mais suffisant ? Car, en face, Marine Le Pen est portée par une dynamique qui l'a faite chaque jour progresser dans les intentions de vote. Elle entend séduire à gauche, à droite, et vient même -- historique pour le FN -- de s'allier avec un autre parti de l'échiquier, en signant un pacte avec Nicolas Dupont-Aignan.

 
Alain Juppé lance un appel à voter pour lui

 
Si, au soir du 1er tour, tout paraissait joué d'avance ou presque, aujourd'hui, le doute s'installe. Au point de faire sortir Alain Juppé du bois. Ce dernier se veut résolument alarmiste dans un poste de blog publié vendredi. « Ce qui paraissait impossible il y a peu de temps encore n'est plus aujourd'hui improbable : Mme Le Pen peut devenir la présidente de la République française, s'exclame l'ancien Premier ministre de Chirac. Je vous adjure donc, mes chers compatriotes, de voter pour E. Macron [...]. L'abstention ou le vote blanc, c'est un coup de pouce à Mme Le Pen. » Car le front républicain, qui en 2002 s'était immédiatement levé pour barrer la route à Jean- Marie Le Pen, apparaît ici affaibli. A gauche comme à droite, nombre d'élus — et d'électeurs ! — affirment qu'ils n'iront pas voter.
 
Le candidat d'En Marche ! a bien déploré, lors d'un meeting à Châtellerault (Vienne) vendredi où il s'est affiché aux côtés des anciens Premiers ministres Jean-Pierre Raffarin et Edith Cresson, le délitement de ce qu'il a mis sur le compte d'un « affaiblissement moral » et d'une « perte de repères ».
 
Mais lui-même entretient des relations tendues avec les cadres de droite et de gauche. N'a-t-il pas ainsi sévèrement taclé François Baroin — potentiel Premier ministre en cas de cohabitation --, lequel n'aurait pour constance que « la recherche de son intérêt » ? N'a-t-il pas tancé Jean-Luc Mélenchon, qui aurait « trahi les siens » en refusant d'appeler ouvertement à voter pour lui ? Et ce, au risque de se mettre à dos de nombreux Insoumis, encore très rétifs à aller faire barrage à Marine Le Pen dans les urnes.

Date de dernière mise à jour : 10/05/2017