Macron cherche à éviter le procès en hollandisme

 

Pour ses adversaires, c’est le péché originel. Emmanuel Macron serait l’enfant caché de François Hollande. Le bon élève qui parle de rupture alors qu’il récite la leçon du maître. Les deux hommes ont beau ne plus s’adresser la parole depuis le 30 août 2016 et le départ du ministre de l’économie du gouvernement (c’est ce qu’assure l’Elysée), ils incarneraient la même ligne sociale-libérale, affirment leurs détracteurs.

A droite, l’accusation tourne en boucle. « Macron, c’est François Hollande relooké », estime Gérard Larcher, président (LR) du Sénat. « Son programme économique, (…) Hollande aurait pu le signer. C’est de la soupe tiède », abonde François Fillon. L’argument est recyclé à gauche, notamment depuis que Manuel Valls n’est plus là pour porter le bilan du quinquennat. Emmanuel Macron, « c’est l’austérité à tous les étgages, les coupes dans les dépenses publiques, les génuflexions à Bruxelles, les révérences à la droite allemande. Bref, rien de nouveau sous le soleil », a cinglé Arnaud Montebourg, jeudi 2 mars sur Europe 1.

Venu présenter jeudi son programme au Pavillon Gabriel, à deux pas du palais de l’Elysée, M. Macron s’est défendu de cette filiation.

« J’ai eu des désaccords stratégiques avec le président de la République, qui m’ont conduit à lancer un mouvement politique nouveau, à ensuite quitter le gouvernement, démissionner de la fonction publique et être candidat à la présidence de la République, a-t-il expliqué, soucieux de ne pas hériter du sparadrap du bilan. Si j’étais convaincu de la continuité, je n’aurais pas fait tout ce chemin. »

Plus cruel pour l’homme qui l’a propulsé sous les ors de la République, le natif d’Amiens a expliqué que son programme est « un projet qui assume ce qu’il est (…), qui dit dès le début ce qu’il veut faire, qui prend des décisions et des mesures radicales, (…) qui ne cherche pas des compromis imparfaits ». Comprendre : à rebours de ce qu’a fait le chef de l’Etat, dont il fut pourtant un conseiller influent lors de la campagne électorale de 2012 et ensuite à l’Elysée.

« Dans les pas de Hollande »

Sur le fond, difficile de dire si le macronisme est soluble dans le hollandisme. Par bien des aspects, M. Macron s’inscrit dans la droite ligne de son ex-mentor. Les deux assument une politique de l’offre pour redresser les marges des entreprises, et ce faisant l’économie du pays


 

Date de dernière mise à jour : 04/03/2017