LE PÈRE DU TERRORISTE INTERPELLÉ

La France est coupée en deux. Depuis la proclamation des résultats du premier tour de l'élection présidentielle, c'est l'analyse politique – schématique – la plus répandue dans les colonnes des journaux et sur les plateaux de télévision pour expliquer la qualification d'Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Il y aurait une scission géographique, d'abord, entre l'ouest du pays davantage acquis au candidat d'En marche et l'est davantage convaincu par la leader du Front national. Et surtout, une fracture territoriale : Macron serait le candidat des grandes villes quand Le Pen serait celui des campagne et de la périphérie.

Alors, en vue d'un second tour de moins en moins gagné d'avance, l'ex-ministre de l'Économie tenait ce vendredi soir un meeting dans la Vienne, à Châtellerault, avec comme objectif de faire mentir ce postulat et démontrer que, lui aussi, se préoccupait de la « ruralité ».

« Ici, vous êtes en terre frontiste », lâchent quelques membres de l'organisation d'En marche ! en guise de message de bienvenue. En effet, ce bassin industriel n'a pas été choisi au hasard : si la commune et le département ont placé Emmanuel Macron en tête à l'issue du scrutin de dimanche dernier – avec respectivement 23,67 % et 24,88 % des voix –, la quatrième circonscription a cependant massivement voté pour Marine Le Pen. C'est donc à ce nord de la Vienne coloré de bleu marine que le favori des sondages est venu vanter son programme de « réconciliation des territoires » qu'il dit avoir « mis au coeur de [son] projet ». Et Emmanuel Macron comptait bien faire entendre sa voix sur ce thème pris d'assaut par son adversaire, en organisant la retransmission de son meeting dans les salles municipales et bars de plus de cinquante villes de France, de moyenne envergure pour la plupart.

Date de dernière mise à jour : 02/05/2017