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Emmanuel Macron a dévoilé le cadrage économique de son programme. Avec comme mesures phares la suppression de la taxe d'habitation pour 80% des Français et celle de 120 000 postes de fonctionnaires.

Fini le saupoudrage de mesures, place à la clarification : Emmanuel Macron a dévoilé hier le cadrage économique de son projet pour la présidentielle, afin de faire taire les critiques sur le «flou» de ses intentions. Il ne s'agit pas d'un programme de rupture avec le quinquennat de François Hollande, mais plutôt d'une troisième voie entre le libéralisme de Fillon et la ligne très à gauche de Hamon.

 

Réaffirmant son souhait de «rest (er) dans l'épure des 3 % de déficit», l'ancien ministre de l'Économie s'engage à réduire la dépense publique française de trois points de PIB en cinq ans, soit 60 milliards d'économies par rapport à la hausse spontanée de ces dépenses, un objectif en ligne avec celui que s'était fixé François Hollande en 2012. Pour y arriver, Macron vise «25 milliards d'économies sur la sphère sociale», dont 15 milliards sur l'Assurance maladie et 10 milliards sur l'assurance chômage. Favorable à un système de «droits et devoirs», il a réaffirmé sur RMC/BFMTV son souhait que les chômeurs ne soient plus indemnisés au deuxième refus d'une offre d'emploi «décente».

L'ancien locataire de Bercy entend également réduire de 10 milliards d'euros sur cinq ans les dépenses des collectivités locales, en nouant avec elles un «pacte» et en leur donnant des «marges de manœuvre».

Macron a précisé qu'il souhaitait «dissocier les «trois fonctions publiques» (d'État, hospitalière et territoriale) et développer le plus possible le «paiement au mérite».

Autres gisements d'économie : la baisse des effectifs des fonctionnaires, qui pourrait aller jusqu'à 120 000 postes (70 000 venant des collectivités et 50 000 de l'État). Ce chiffre est une «référence», un «ordre de grandeur» a souligné Macron, pour qui «ce sera aux ministres de faire des choix».

Le candidat souhaite également le retour à un seul jour de carence pour les fonctionnaires, mesure instaurée par la droite et abrogée par François Hollande en 2012. Macron propose par ailleurs 50 milliards d'euros d'investissement public sur le quinquennat (dont 15 milliards consacrés à la formation et 15 autres à la transition écologique et énergétique), et 20 milliards de baisse nette des prélèvements obligatoires.

Le taux de l'impôt sur les sociétés sera ramené de 33,3 % à la moyenne européenne, c'est-à-dire 25 %. Macron, qui exclut «toute hausse de la TVA», propose par ailleurs d'exonérer de taxe d'habitation 80 % des Français (voir ci-contre).

Le candidat socialiste Benoît Hamon a ainsi dit ressentir «une forme de consternation» face au programme économique du «candidat de centre-droit» Emmanuel Macron. Quant à Thierry Solère, porte-parole de François Fillon, il a qualifié ce programme «d'eau tiède», qui «ne suffirait en rien à permettre le redressement de notre économie».

Date de dernière mise à jour : 26/02/2017