Le message de Juppé à Fillon : ce qu'il faut lire entre les lignes

Dans un message posté sur son blog, le battu de la primaire de la droite manifeste sa loyauté à l'égard de François Fillon. Mais le maire de Bordeaux prévient que le candidat aura besoin de lui pour parler au centre-droit. A mieux lire, son soutien fait aussi office de mise en garde…

 

ns un message posté sur son blog, le battu de la primaire de la droite manifeste sa loyauté à l'égard de François Fillon. Mais Alain Juppé prévient que le candidat aura besoin de lui pour parler au centre-droit. A mieux lire, son soutien vaut aussi avertissement… Explications. 

 

"Un choix de raison"

(D'emblée, le titre du billet d'Alain Juppé annonce sa tonalité générale. Le battu de la primaire soutient le vainqueur et va expliquer pourquoi...  Mais quelle froideur ! Non, décidément, François Fillon n'est pas le choix du cœur.)

 

(Alain Juppé fait allusion à son douloureux échec de la primaire. Lui qui se pensait favori a été humilié avec 33,5% des voix au second tour. D'où une prise de recul : le maire de Bordeaux ne s'exprimait plus en public que sur l'actualité de sa ville.)

"Aujourd'hui mes amis sont nombreux à me demander ce que je pense. Je leur dois une réponse."

J'ai voulu être candidat à la présidence de la République.

(Tiens, Alain Juppé écrit au passé.)

J'ai voulu que soient organisées pour la première fois des "primaires de la droite et du centre" pour permettre à nos électeurs de désigner eux-mêmes leur "champion". Ces primaires ont eu lieu dans des conditions incontestables et incontestées. F. Fillon les a très largement gagnées et, comme je m'y étais engagé, dès le soir du deuxième tour, je lui ai apporté mon soutien. J'ai tenu parole.

(Alain Juppé rappelle donc ici : 1. Qu'il est l'un des artisans des primaires. 2. Qu'il reconnaît la légitimité de François Fillon comme candidat de la droite. 3. Qu'il s'est montré fair-play.)

Depuis fin novembre, le contexte a changé. "Les affaires" ont suscité un profond désarroi au sein même de notre électorat, au point de mettre en péril la victoire de notre candidat.

(Cachez ces affaires que je ne saurais voir... Alain Juppé jette un voile pudique sur les accusations qui visent François Fillon. Les lecteurs qui souhaitent des précisions les trouveront ici > 7 scandales qui accablent François Fillon décryptés)

La question s'est alors posée d'un plan B, c'est-à-dire de la recherche d'un autre candidat. J'ai d'emblée déclaré que je ne me prêterai pas à une telle opération….

(De fait, les ténors de la droite ont cherché en coulisse une alternative – certains l'ont fait publiquement. Alain Juppé, lui, a d'emblée écarté l'hypothèse. L'ancien Premier ministre ne s'imagine pas en candidat de substitution, il l'a dit avec constance au cours des dernières semaines.)

 

 

Date de dernière mise à jour : 23/02/2017