La défense de Jonathann Daval fait bondir

La stratégie de l'avocat de Jonathann Daval, qui consiste à mettre en lumière les "violences" d'Alexia Daval vis-à-vis de son conjoint, soulève la question du "victim-blaming".
"Une personnalité écrasante", "une relation dominant/dominé", "des reproches"… Depuis que leur client est passé aux aveux sur le meurtre de son épouse, les avocats de Jonathann Daval s'emploient à brosser le portrait d'une jeune femme à la personnalité sombre

 

C’est un couple dont malheureusement l’un des conjoints était violent mais ce n’est pas celui auquel on pense. C’est-à-dire qu’Alexia, en période de crise, pouvait avoir des accès de violence extrêmement importants à l’encontre de son compagnon", affirme Randall Schwerdorffer. Son associée, Ornella Spatafora, évoque elle "une dispute de trop". "Des reproches lui ont été faits (…) Un seuil de tolérance de la part de ce dernier a été atteint ce soir-là".

Le souci des victimes de violences conjugales

Des propos relevés aussitôt par Marlène Schiappa. Sur Twitter, la secrétaire d'Etat à l'Egalité entre hommes et femmes s'indigne des termes employés. "On fait du victim-blaming", affirme-t-elle encore sur BFMTV mercredi matin, en relevant notamment l'expression "personnalité écrasante". Le concept anglo-saxon de "victim-blaming", apparu dans les années 70, entend dénoncer la présentation d'une victime comme une coupable, comme si elle avait cherché ce qui lui est arrivé. "En disant ça, on légitime les féminicides, le fait que tous les trois jours une femme est tuée sous les coups de son conjoint", s'indigne Marlène Schiappa.

Sur BFMTV, la psychiatre Muriel Salmona évoque elle aussi le "victim blaming": "Evoquer ainsi la personnalité de la victime me paraît totalement indécent, alors qu'elle a été tuée par strangulation dans des circonstances extrêmement violentes".

Marie Cervetti, du Haut conseil à l'égalité entre hommes et femmes, dénonce de son côté "un discours idéologique" de la part de Randall Schwerdorffer.