La CGT en pleine tempête de rentrée

La CGT fait sa rentrée cette semaine. Mais le climat interne à la Centrale est délétère, après que son ex-numéro un, Thierry Lepaon, s'en est pris violemment à "neuf traîtres" parmi ses camaradesA huit mois de son 51e congrès en avril à Marseille, une assemblée générale de la CGT, le parlement informel regroupant les numéros un des Fédérations et des Unions départementales, a lieu mardi à son siège, à Montreuil, pour fixer l'agenda de la rentrée.Au programme, proposé par le numéro un Philippe Martinez, figurent notamment deux journées d'action, l'une le 23 septembre pour la défense des libertés syndicales, l'autre le 8 octobre - conjointement avec la FSU et Solidaires - pour des hausses de salaires.Mais ces débats sont d'ores et déjà brouillés par les propos belliqueux tenus la semaine dernière par Thierry Lepaon, contraint à la démission en janvier après des révélations dans la presse sur son train de vie. Sur France info, il a dénoncé "neuf traîtres" parmi ses camarades, qui l'auraient "donné" aux journaux. "J'en connais sept parfaitement", a-t-il accusé, sans donner leurs noms, "des militants avides de pouvoir et pas très honnêtes". Il a demandé que "ces camarades-là n'aient plus de responsabilités dans les années qui viennent".Thierry Lepaon, qui dit par ailleurs avoir un temps pensé à mettre fin à ses jours, va publier en septembre un livre, très attendu.Il n'en fallait pas plus pour rouvrir les plaies qui minent la centrale depuis la bataille de succession de Bernard Thibault, en 2012, et l'affaire Lepaon l'an dernier.
 
"La situation est dangereuse"
 
"Thierry Lepaon ne le cache pas, il veut peser sur le prochain congrès", résume un cadre, qui évoque "une ambiance de chasse aux sorcières" à Montreuil."Qu'il se taise, ou qu'il donne des noms. S'il n'a pas de preuves, il y aura des procès en diffamation", prévient un autre. Selon lui, "la situation est dangereuse", cela "enfonce l'organisation un peu plus". Il appelle Philippe Martinez à sortir la centrale du "bourbier" et à recadrer son prédécesseur: "La responsabilité du secrétaire général est de rassembler" et "non de faire campagne pour se faire réélire au congrès", avertit-il. Depuis l'élection dans la douleur de Philippe Martinez en février, le climat à Montreuil demeure tendu. Ainsi, le refus de la direction de nommer Eric Aubin, opposant à Thierry Lepaon, au sein du groupe CGT au Conseil économique, social et environnemental (Cese), a été perçu par ses proches comme un "règlement de comptes".Derrière les querelles de personnes se cachent des divergences politiques: la stratégie de Philippe Martinez de multiplier les journées d'action à répétition - même si elles ne font