l'auteur présumé peut-il être condamné à la peine de mort?

Appréhendé mardi après-midi par la police, alors qu'il venait de descendre de la camionnette au volant de laquelle il avait foncé sur une piste cyclable, Sayfullo Saipov devra répondre devant la justice de cette attaque. Huit personnes sont mortes et douze autres ont été blessées dans l'attentat le plus meurtrier survenu dans la Grosse Pomme depuis le 11 septembre 2001.

Blessé à l'abdomen, le suspect a été conduit à l'hôpital Bellevue, où il a été placé en détention et interrogé par des enquêteurs. Renonçant à son droit au silence, il a déclaré qu'il se sentait «satisfait de ce qu'il avait fait» et a reconnu qu'il s'était inspiré de vidéos de l'État islamique. Le groupe djihadiste, qui a revendiqué l'attentat vendredi, a d'ailleurs qualifié Sayfullo Saipov de «soldat de l'État islamique»

Une juridiction fédérale saisie

Mercredi, le suspect a été brièvement conduit dans une salle d'audience fédérale de Manhattan - en fauteuil roulant - pour s'y voir notifier son inculpation. Lors d'une conférence de presse, le procureur Joon H. Kim a souligné qu'il était pour l'instant visé par deux chefs d'inculpation: «provision de soutien matériel et de ressources à une organisation terroriste étrangère» et «violence et destruction de véhicules à moteur». Des motifs qui peuvent entraîner une détention à perpétuité, voire une exécution.

La peine capitale n'est pas en vigueur dans l'État de New York. Sayfullo Saipov sera cependant jugé non pas par une juridiction propre à cet État, mais par une juridiction fédérale, la cour de district des États-Unis pour le district sud de New York. Le gouvernement fédéral peut donc, selon une loi d'exception, demander le châtiment suprême à l'encontre de l'auteur présumé de l'attentat.

Donald Trump s'immisce dans le processus judiciaire

Sur Twitter, Donald Trump s'est prononcé à deux reprises pour la peine capitale, écartant finalement l'hypothèse selon laquelle Saipov pourrait être envoyé à Guantanamo - une option qu'il avait pourtant défendue un peu plus tôt. Ces tweets ont lancé un vaste débat aux États-Unis. Le maire de New York, Bill de Blasio, a ainsi rappelé qu'il «n'était pas quelqu'un qui croyait à la peine de mort» et qu'il préférait que «cet individu pourrisse en prison pour le reste de sa vie».