J’ai toujours la crainte de l’agression »

Éviter les coins sombres, bannir les bois, écarter les sorties, seule. Avec le temps, Véronique a pris l’habitude d’entendre résonner à ses oreilles les consignes maternelles, répétées à l’envi par sa mère. « Il ne s’agit pas non plus d’en faire une phobie, mais hélas on sait que ça existe » souffle entre deux foulées cette Nancéienne de 51 ans, une familière des sorties le long de la Meurthe, de Tomblaine à Malzéville.

À l’instar de cette sémillante secrétaire médicale, les adeptes féminines de la course à pied en Lorraine semblent avoir intégré les fondamentaux des précautions de sécurité, lorsqu’il s’agit d’enfiler les baskets. Le meurtre d’Alexia, à Gray, a enfoncé le clou d’une crainte tellement instinctive qu’elle en est assimilée avec naturel. « Quand je cours seule, j’ai toujours la pensée de l’agression possible en tête », souligne Fabienne Moreau, 58 ans, l’une des meilleures pratiquantes de sa catégorie en Lorraine. « Et ça fait plus de quarante ans que cette crainte dure sans s’estomper. L’actualité dramatique ne fait que nourrir ce sentiment d’une réelle vulnérabilité ».

Date de dernière mise à jour : 03/11/2017