Humain et économie : difficile conjugaison

L'économie sociale et solidaire, sur le fond, tout le monde est pour. Sur la forme, le modèle reste à dessiner, ourler et le résultat final à consolider. C'est ce qui est ressorti de la journée organisée hier au centre social du Viguier par les Amis de la Fabrique du Sud, les Amis du Monde Diplomatique et l'association 11 Bouge.

La matinée a été consacrée à des échanges entre représentants de Scop, ce genre nouveau de sociétés dont les salariés sont associés majoritaires et détiennent au moins 51 % du capital social et 65 % des droits de vote. La plupart du temps, ces entreprises sont créées après la fermeture ou la délocalisation de sociétés ou d'unités de production. C'est le cas, notamment et par exemple, de la Fabrique du Sud (ex Pilpa). Des échanges il est ressorti que, d'une part, le système relève de «l'exploitation par soi-même» et qu'il trouve ses limites en matière de compétitivité.

Une dizaine de représentants de Scop venus de tout l'arc méditerranéen ont témoigné de la même difficulté : la quasi-impossibilité de s'aligner sur les prix pratiqués par des structures traditionnelles et classiques. C'est le cas surtout dans le bâtiment ou dans l'équipement. Concrètement, acheter une glace de qualité pour 10 ou 20 cents d'euros de plus qu'un produit industriel ne pose pas vraiment de problème au consommateur, d'autant plus qu'il sait accomplir un geste militant en faveur d'anciens salariés. En revanche, pour la pose de vitrages et volets roulants, voire pour la construction d'une maison, donc pour des dépenses plus conséquentes, la différence de coût pour le client est telle, entre une SA, une SARL et une Scop, que, crise oblige, la militance trouve ses limites…

Dont acte, tous les intervenants se sont entendus sur le fait que «résister, c'est créer», leitmotiv de la journée. Mais aussi sur un autre : la nécessité de se voir, de partager et de se mobiliser pour alerter les législateurs. «Il y a des méthodes à construire avec les acteurs locaux. Il n'existe pas, actuellement, de modèle, donc tout est à écrire et à inventer».

Mais le temps presse. Car si certaines de ces sociétés connaissent des débuts encourageants, et c'est le cas des ex Pilpa, certaines sont déjà en difficulté et il s'agit essentiellement de petites structures qui ont bien besoin d'aide. Ou d'obtenir des marchés auprès des collectivités locales par exemple. C'est l'une des pistes à exploiter.

Des représentants de Scop (sociétés coopératives et participatives) telles que celles de feu Pilpa étaient rassemblés hier pour échanger sur le passé, le présent et le devenir de ces entreprises d'un nouveau genre. Ce n'est pas si simple, pour l'instant…

 

Source la dépeche