Huit bénéficiaires du RSA sur dix orientés

80% des allocataires du RSA socle sont orientés vers des politiques d'insertion, en particulier dans l'emploi. En effet, 62% d'entre eux suivent des dispositifs d'insertion professionnelle, contre 38% des parcours sociaux.

En 2015, les bénéficiaires du revenu de solidarité active (RSA) se sont majoritairement orientés vers des parcours d'insertion. C'est en tout cas ce que révèle une enquête, publiée ce vendredi, du service statistique des ministères sociaux. Environ 2,5 millions de Français ont touché le RSA socle (ex-RMI, de 536,78 euros pour une personne seule et sans enfant) en 2015, dont 98% ont en retour été soumis aux droits et des devoirs du minima social. Parmi les impératifs dont doivent s'acquitter les allocataires, s'orienter vers des parcours d'insertion professionnelle et/ou sociale domine.

En effet, la loi de 2008-2009 généralise le RSA et réforme surtout les politiques d'insertion, en vue de lutter contre la pauvreté et de favoriser un retour à l'emploi des allocataires. Parmi eux, 8 sur 10 ont été orientés vers un parcours d'insertion, les 20% restants étant notamment dus «aux délais engendrés par les procédures d'orientation mises en place par chacune des collectivités interrogées», note l'étude.

Dans le détail, les bénéficiaires du RSA se dirigent majoritairement (62%) vers les parcours professionnels (formation, emploi, etc.) contre 38% vers des parcours sociaux (santé, logement, etc.). En outre, 43% d'entre eux ont eu comme référent, un agent de Pôle emploi. Plus précisément, les individus qui ont bénéficié depuis peu du RSA (moins de six mois) se sont moins orientés que les autres. «En effet, la moitié seulement des personnes entrées depuis moins de six mois, contre près des trois quarts de celles ayant une ancienneté de six mois à un an», remarque la Drees. Enfin, 85% des personnes qui ont perçu le RSA depuis plus de deux ans se sont dirigées vers un parcours d'insertion.

5,6 milliards de reste à charge

Mais les politiques d'insertion diffèrent entre les départements, et les taux aussi. Les collectivités ont du mal à assumer le poids du financement de l'allocation, dont le reste à charge a augmenté avec les années pour représenter, en 2016, pas moins de 5,6 milliards d'euros, le taux de prise en charge par l'État ayant chuté à moins de 60%.

Depuis la décentralisation du dispositif en 2003 et l'augmentation du nombre de bénéficiaires depuis la crise, l'Assemblée des départements de France (ADF) bataille avec l'État pour la renationalisation du minima. Le but est d'alléger le poids des dépenses des départements et faire face à la baisse de dotation de l'État, ainsi que d'harmoniser les politiques d'insertion. Le chef de l'État avait notamment souhaité durant la campagne de le centraliser, sans toucher aux politiques d'insertion des départements. Et cette année encore, l'ADF espère bien relancer les discussions avec le nouvel exécutif. Reste à tomber d'accord sur le montant de la soulte...