François Fillon: "Tout était prêt pour attaquer Nicolas Sarkozy

Tout le monde est contre lui. C'est du moins ce qu'explique François Fillon au Monde ce jeudi 9 février. Les médias d'abord, dont il estime que "90%" sont contre lui. Puis le système politique et judiciaire. "Tout était prêt pour attaquer Nicolas Sarkozy. Il n'est pas candidat, c'est donc moi", estime-t-il.

Pour le candidat des Républicains, cela ne fait aucun doute, il fait l'objet d'une chasse à l'homme. Il en veut pour preuve les fuites dans la presse qui, selon lui, "signent le crime". Cette presse qui a "additionné les sommes, c'était malhonnête".

Autre signe d'une cabale le visant, le silence de Claude Bartolone, président de l'Assemblée nationale, qui ne s'est pas manifesté pour le protéger en sa qualité de député. Car François Fillon n'en démord pas, le parquet national financier (PNF) n'a pas à se pencher sur le cas de son épouse et de ses enfants.

Au Monde, il indique que la justice a "bafoué le principe de la séparation des pouvoirs", car s'il estime que le PNF a le droit d'instruire sur "les comptables publics" ou "les élus locaux", il soutient que les parlementaires ne peuvent faire l'objet d'investigations de sa part.

"Vous pensez que Macron l'emportera contre Marine le Pen?"

Pour rebondir, François Fillon mise sur "une nouvelle campagne", qui consistera entre autres à cibler prioritairement Emmanuel Macron, qui l'a désormais doublé dans les sondages. Et le candidat LR n'attend pas pour taper sur l'ex-locataire de Bercy. "Macron aura des problèmes, il a manié trop d'argent", prévient-il, avant d'agiter la menace du Front national.

"Vous pensez que Macron l'emportera contre Marine le Pen si je ne peux pas être candidat ? Bien sûr que non. Mes électeurs passeront vers Marine Le Pen. Il y a une colère énorme du peuple de droite qui se retrouverait privé de son candidat", estime-t-il encore, misant sur les dernières semaines de la campagne pour se refaire. Au Monde, il explique que la présidentielle "est encore gagnable".

"François Fillon a pris tout le monde en otage"

Reste que dans son camp, les doutes persistent. "Il y a deux mois, la présidentielle était imperdable, aujourd'hui on a peur d'être balayés aux législatives", a expliqué à l'AFP un important élu local.

"Les électeurs de droite sont fondamentalement déçus, on ne peut plus faire campagne sur le terrain, on ne nous parle que de ça, François Fillon a pris tout le monde en otage. On joue notre va-tout sur un mec plombé. C'est le supplice chinois, avec les unes du 'Canard' qui s'enchaînent", renchérit un ancien ministre.

Et ce ne sont pas les sondages qui vont rassurer ses soutiens. En baisse de trois points sur une semaine à 18% d'intentions de vote, François Fillon serait devancé par Marine Le Pen et Emmanuel Macron, tous deux en hausse, au premier tour de la présidentielle, selon un sondage Ifop-Fiducial pour Paris Match, iTélé et Sud Radio publié mercredi 8 février.

Date de dernière mise à jour : 12/02/2017