Faible mobilisation contre la réforme du bac

 

D'après le syndicat Fidl, une "cinquantaine" de lycées étaient totalement ou partiellement bloqués dans toute la France, jeudi. 

L'appel de syndicats à la mobilisation contre la réforme de l'accès à l'université et le bac nouvelle formule trouvait peu d'écho jeudi, une manifestation à Paris ayant réuni quelques centaines de personnes.

Les appels au blocage des lycées et universités n'ont eux aussi rencontré qu'un faible succès. Selon le rectorat de Paris, "deux tentatives" de blocage de lycées ont eu lieu dans la matinée dans la capitale. D'après le syndicat lycéen Fidl, "une cinquantaine" de lycées étaient totalement ou partiellement bloqués dans toute la France.

Tables, chaises et poubelles devant les établissements à Rennes. À Rennes, environ 70 étudiants ont bloqué l'accès à l'université Rennes 2 en plaçant des tables, chaises et poubelles devant les entrées des bâtiments, selon le syndicat étudiant Unef. Quelques centaines de personnes ont manifesté à Paris entre 11h30 et 13 heures à l'appel notamment de syndicats étudiants, de la fédération de parents d'élèves FCPE et du Snes, premier syndicat chez les enseignants du secondaire. Elles dénonçaient la "sélection" introduite par Parcoursup, la nouvelle plateforme qui permet aux élèves de formuler leur vœux pour entamer des études après le bac. Selon le ministère de l'Enseignement supérieur, près de 880.000 candidats se sont inscrits à Parcoursup.

Mais les manifestants s'en sont également pris à la réforme du bac, qui génère "beaucoup d'inquiétude chez les élèves et les parents", selon Liliana Moyano, présidente de la FCPE. "Il faut prendre le temps de la discussion. Nous ne sommes pas pour un statu quo, mais c'est allé trop vite", a-t-elle dit. La réforme, présentée en février par le ministre de l'Éducation nationale Jean-Michel Blanquer, prévoit quatre épreuves écrites : le français en première, deux épreuves dites de spécialité après les vacances de printemps en terminale, et la philo fin juin. Un grand oral, d'une durée de 20 minutes, se déroulera également fin juin.

Affrontements à Nantes. À Nantes, 200 étudiants qui ont rejoint la manifestation des retraités continuaient de manifester dans le centre ville en fin d'après-midi, notamment les jeunes militants du collectif "Nantes révoltée". Après des affrontements avec la police, deux interpellations ont eu lieu.

Fumigènes et occupations nocturnes à Poitiers. À Poitiers, deux sites de l'université sont fermés depuis jeudi midi. Le président, Yves Jean, a décidé d'annuler les cours dans les facultés de sciences humaines, lettres et langues, après des débordements dans le cadre des manifestations contre le gouvernement. Quelque 200 lycéens et étudiants ont lancé des fumigènes et brisé une porte en verre et les locaux de la faculté de lettres ont été occupés toute la nuit. Les cours devaient reprendre vendredi matin. Dans l'après-midi, les manifestants ont rejoint les défilés des retraités dans les rues de Poitiers.