Entre Fillon et Macron, la bataille des législatives fait rage

Une spectaculaire volte-face. Le 3 mars, Jean-Christophe Lagarde, à la tête de l'UDI, retirait son soutien à François Fillon et demandait solennellement au parti LR de "changer de candidat". Mais le 7 mars, le bureau politique du parti centriste décidait de soutenir à nouveau "sous conditions" l'ex Premier ministre, qualifié de "candidat légitime issu de la primaire". Entre temps, Alain Juppé, que les centristes espéraient, a renoncé à se présenter. Surtout, l'UDI ne veut pas perdre le bénéfice de l'accord électoral, conclu le 1er mars, juste avant la vague de contestation de la candidature Fillon, à droite. Car l'accord est généreux: il lui octroie 68 circonscriptions, 28 réservées aux députés sortants et 40 jugées gagnables. "C'est un accord équilibré qui porte d'abord sur le fond", se félicitait Bernard Accoyer, le secrétaire général de LR. Le fond semble pourtant assez secondaire. La semaine dernière, les centristes dénonçaient une campagne de Fillon "contraire à leurs valeurs". Aujourd'hui, ils constatent des différences avec son projet mais "pas d'opposition fondamentale"...

Si cet accord se confirme, François Fillon pourra mettre en avant une organisation classique, mais très structurée de candidats aux législatives désignés par le parti. Un argument face à Macron, qualifié de "candidat illusionniste", qui "n'a aucune colonne vertébrale". D'ailleurs, après sa victoire à la primaire, en novembre, l'ex Premier ministre n'avait pas bouleversé les investitures, décidées par Nicolas Sarkozy lorsqu'il était à la tête de LR. Mais d'importants changements vont avoir lieu, ces prochaines semaines. A cause de la loi sur le cumul des mandats, une centaine d'investitures devrait changer car de nombreux élus préfèrent conserver leur mandat local plutôt que celui de député. Autre incertitude du côté des ténors de la droite qui ont démissionné de l'équipe Fillon, comme Bruno Le Maire ou Gilles Boyer, l'ex directeur de campagne d'Alain Juppé. Tous les deux étaient investis respectivement dans l'Eure et les Hauts de Seine. Seront-ils reconduits?

Date de dernière mise à jour : 11/03/2017