Enquête électorale : Fillon résiste à la tempête

Fort de sa victoire sans appel contre Alain Juppé en novembre, François Fillon était alors crédité de 29 % d’intentions de vote dans la neuvième vague du panel électoral du Cevipof.

Depuis, le candidat Les Républicains ne cesse de voir, semaine après semaine, son électorat fuir vers d’autres horizons. Si le mouvement de décrochage semble s’être stabilisé début mars, il aura conduit au total à une perte de 11,5 points de pourcentage en trois mois. Trois séquences clés ont précipité cette chute.

 

Après l’euphorie de sa victoire à la primaire, François Fillon perd, entre décembre et janvier, 4 points d’intentions de vote pour se maintenir toujours en tête du premier tour, mais seulement avec 25 %. S’il conserve encore 77 % d’électeurs fidèles, il ne parvient pas à empêcher 9 % de ses soutiens de choisir l’abstention, 6,5 % Emmanuel Macron, et 4 % Marine Le Pen. La mise en route de sa campagne présidentielle contrariée par des hésitations ou un recadrage sur ses propositions de remboursement limité de certains risques santé par la Sécurité sociale clôt une première séquence chaotique.

Fin janvier, les révélations du Canard enchaîné sur les rémunérations liées à l’emploi de son épouse comme assistante parlementaire exposent Fillon à une perte massive de 6,5 points de pourcentage, au profit de l’abstention (12 %), de Macron (12 %) et de Le Pen (5 %).
L’obstination du candidat de la droite face à sa propre famille politique et ses lignes de défense ont, semble-t-il, contribué à créer une forme de résilience au sein de son électorat, réduit en mars 2017 à 17,5 % des personnes interrogées, soit une baisse de 1 point en quatre semaines, même si le dénouement judiciaire de l’affaire n’est attendu que pour le 15 mars. L’hémorragie semble interrompue au prix d’un éclatement du vote de droite qui, rappelons-le, correspondait peu ou prou à 40 % de l’électorat français aux élections régionales de décembre 2015.
En l’espace de trois mois, François Fillon aura donc perdu 40 % de ses soutiens, de telle sorte que seuls 55 % des électeurs qui le soutenaient en décembre sont encore disposés à voter pour lui en mars. En préférant l’abstention (16 %) et le candidat d’En marche ! (16 %) et dans une moindre mesure le parti frontiste (7 %), les décrocheurs du vote Fillon manifestent clairement un ancrage sur l’aile centriste, refuge naturel...

 

Date de dernière mise à jour : 11/03/2017