Emploi, le bout du tunnel?

 

L’aggravation du chômage en 2014 devrait se poursuivre au premier semestre 2015. Mais les baisses de l’euro et du pétrole et les effets du CICE pourraient redistribuer les cartes et l’intérim semble déjà se redresser.
 
Avec 0,4% de croissance en 2014 –soit trois à quatre fois moins que le niveau à partir duquel une économie crée de l’emploi–, il aurait été vain d’espérer que la courbe du chômage, dont l’inversion n’avait pas eu lieu fin 2013, puisse intervenir un an plus tard. Au contraire: avec près de 3,49 millions d’inscrits à Pôle emploi en France métropolitaine à la fin novembre (et plus de 5 millions de chômeurs si l’on prend en considération les personnes qui ne sont plus répertoriées mais se trouvent durablement éloignées du marché du travail), le bilan s’est alourdi de quelque 200.000 personnes dans l’Hexagone.
Et même si 2015 devrait être plus dynamique avec, sur l’année, une prévision d’au moins 1% de croissance, alimentée par les baisses de l’euro et du prix du pétrole, l’emploi ne devrait pas repartir au premier semestre: de 10,4% fin 2014, le taux de chômage devrait grimper à 10,6% dans six mois. 
Mais à défaut d’enregistrer une baisse effective du taux de chômage, existe-t-il des indicateurs avancés qui permettraient de pronostiquer enfin l’inversion sans cesse repoussée?
Le premier élément favorable serait, bien sûr, la consolidation d’une croissance au-dessus de 1%, comme François Hollande en a fixé le cap. Le programme de rachat par la BCE de plus de 1.000 milliards d’euros de dettes des Etats détenues par les institutions financières devrait y concourir. Il vise à stimuler l’activité dans la zone euro en poussant la monnaie à la baisse, ce qui devrait profiter à la France comme aux autres membres si toutefois ce programme, qui revient à faire tourner la planche à billets, atteint son objectif. 
Un autre élément passe par la montée en puissance du Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (Cice), entré en vigueur début 2013 mais dont les retombées sonnantes et trébuchantes n’ont été perçues par les entreprises qu’en 2014. L’an dernier, la stimulation n’a pas suffi, mais une enquête de l’Insee a montré qu’une entreprise sur trois envisageait d’utiliser le dispositif pour renforcer l’emploi.
 
Source slate.fr