Emmanuel Macron : radiographie des soutiens de tout bord du candidat

que se passe-t-il autour d'Emmanuel Macron ? À quelques semaines du premier tour de l'élection présidentielle, les ralliements et les soutiens se multiplient pour l'ancien ministre de l'Économie. Dernière prise de guerre : Bertrand Delanoë. Considéré comme l'un des éléphants du Parti socialiste, il a déclaré : "Le candidat qui se rapproche le plus de mes convictions de socialiste, réformiste, européen, réaliste, c'est Emmanuel Macron". 
 
Depuis l'alliance entre François Bayrou et Emmanuel Macron, le doute semble s'être installé au Parti socialiste. Ce sentiment pourrait même être renforcé en fonction des différents ralliements. Le porte-parole de Benoît Hamon, Alexis Bachelay, veut "casser une idée reçue selon laquelle il y aurait une hémorragie de militants. Je suis au Parti socialiste et je n'ai rencontré quasiment aucun militant socialiste qui soit passé chez Emmanuel Macron", assure-t-il sur Radio Classique. Pourtant, bon nombres d'élus ont déjà rejoint le candidat à l'élection présidentielle. Profil, appartenance politique, expérience... Qui sont ces nouveaux "marcheurs" pro-Macron ?
 
Des membres du Parti socialiste
 
Parmi les socialistes, Gérard Collomb a été le premier à exprimer son ralliement à Emmanuel Macron. Fervent défenseur du projet présidentiel de l'ancien ministre de l'Économie, le maire de Lyon, âgé de 69 ans, ne cesse de faire l'objet de remontrances de la part de Jean-Christophe Cambadélis. Le premier secrétaire du Parti socialiste menace d'exclure du parti ceux qui soutiennent Emmanuel Macron, même si, dans les faits, aucune mesure n'a encore été prise à son encontre. 

Il a rapidement été rejoint par Richard Ferrand, député socialiste du Finistère. Cet ancien proche de Martine Aubry est devenu le secrétaire général d'"En Marche !". Autre député socialiste, Christophe Caresche. Quelques jours après la victoire de Benoît Hamon à la primaire de la gauche, le député de Paris avait fait valoir un droit de retrait en publiant une tribune dans Le Monde. Intitulée "Députés du Parti socialiste, nous revendiquons notre droit de retrait", il l'avait cosignée avec Gilles Savary. Le journal a comptabilisé d'autres élus socialistes : "Florent Boudié, député PS de Gironde ; Jean-Pierre Masseret, ancien président de la région Lorraine ; ou encore François Patriat, sénateur PS de Côte-d’Or. Le président Front de gauche de Plaine Commune (Seine-Saint-Denis), Patrick Braouezec".

Des écologistes

François de Rugy, qui a participé à la primaire de la gauche, a décidé de ne pas soutenir Benoît Hamon mais plutôt de se tourner vers Emmanuel Macron. Selon un portait du Monde, "à l’âge de 18 ans, en 1991", il rejoint Génération Écologie. "En 1995, à la sortie de Sciences Po Paris, il fonde sa propre association, Écologie 44, avant de rejoindre Les Verts en 1997". Dix-huit ans plus tard, en 2015, il décide de quitter Europe Écologie-Les Verts car il n'est plus en phase avec ce qu'il appelle "sa dérive gauchiste". 

Quelques jours après son soutien, Emmanuel Macron a pu se vanter de recevoir celui de Daniel Cohn-Bendit. L'ancien député européen a précisé qu'il voterait pour le candidat d'"En Marche !" à l'élection présidentielle car il juge qu'il est "le mieux placé" pour battre Marine Le Pen. L'ancien porte-parole de Nicolas Hulot, Matthieu Orphelin, l'ancien député européen écologiste, Jean-Paul Besset et l'ancienne ministre de l'Écologie de Jacques Chirac, Corinne Lepage, ont également rejoint le mouvement.

Des centristes

Chez les centristes, Emmanuel Macron a réalisé une belle prise en amorçant une alliance avec François Bayrou. Le président du MoDem a finalement décidé de ne pas se présenter à l'élection présidentielle et de ne pas apporter son soutien à François Fillon après de longues semaines d'hésitations. "Ce ne sont pas les électeurs de François Bayrou qui comptent, mais cette alliance a crédibilisé Emmanuel Macron", expliquait Olivier Mazerolle à l'antenne de RTL.

Le Monde détaille la liste des centristes ayant sauté le pas. On y retrouve : "Jean-Louis Bourlanges, ex-président de l’UDF ; Jean Arthuis, député européen ; Anne-Marie Idrac, ex-secrétaire d’État au commerce extérieur de François Fillon et proche de François Bayrou ; Jean-Marie Cavada, député européen".

Des Républicains

Chez Les Républicains, la juppéiste Aurore Bergé a rejoint les rangs d'"En Marche !". À RTL.fr, elle expliquait que "l'espoir d'avoir un mouvement au sein de la droite qui soit libéral avec François Fillon n'est pas possible. Soit on reste planqué, soit l'on suit ses convictions". L'ancien directeur de campagne de Bruno Le Maire, Jérôme Grand d'Esnon, ainsi que Jean-Paul Delevoye, ancien ministre de Jean-Pierre Raffarin mais aussi Renaud Dutreil et de Dominique de Villepin ont laissé entendre pouvoir être tenté par Emmanuel Macron. L'ancien premier ministre avait expliqué, dans une interview à BFMTV, qu'il ne comptait "certainement pas" voter pour François Fillon.

Des communistes

"Nul besoin pour moi de jouer dans le registre des peurs ou celui d’un choix par défaut pour prendre mes responsabilités dans la situation politique présente, celle de tous les périls à quelques semaines d’une élection présidentielle plus incertaine et plus dangereuse que jamais depuis cinquante ans". C'est ainsi que Robert Hue débute sa tribune dans les colonnes du Monde. L'ancien président du Parti communiste explique "prendre ses responsabilités" et avoir décidé "d'apporter son soutien à Emmanuel Macron". Il poursuit : "Il ne s'agit pas d'une décision hâtive : il y a plusieurs mois que mûrissait mon choix et je m'en étais ouvert à Emmanuel Macron et à mes amis politique. J'en mesure la signification et la gravité". 

Sébastien Nadot, le candidat de Mouvement des progressistes, a aussi expliqué se rallier à l'ancien ministre de l'Économie. Celui qui avait été poussé par Robert Hue que cette décision correspond à un choix "personnel" et n'est en aucun cas "un coup d'arrêt". Patrick Braouezec, ancien communiste, a suivi le mouvement. "Comme Daniel Cohn-Bendit, je pense qu'Emmanuel Macron est le seul candidat à permettre de ne pas se retrouver devant cette situation et d'éviter que les gens subissent une politique rétrograde", explique-t-il comme le rapporte Le Figaro.

Des indécis

Selon une source citée par l'AFP, Jean-Yves Le Drian est "effectivement en discussion avec Emmanuel Macron. C'est un homme libre (...) Il est totalement maître de son calendrier". Selon les informations de BFMTV, François Hollande aurait demandé au ministre de la Défense d'attendre le 20 mars, c'est-à-dire le début officiel de la campagne présidentielle. Mais le membre du gouvernement viserait de son côté plutôt le 18 mars, jour où Emmanuel Macron a prévu un meeting sur le thème de la défense, indique la chaîne de télévision.

Claude Bartolone a annoncé qu'il votera pour Emmanuel Macron "dès le premier tour" s'il "estime que la démocratie est en danger et que c'est la seule alternative, dans Paris Match. Ce sera un vote de protection et non d'adhésion". Le président de l'Assemblée nationale s'est laissé jusqu'au 17 mars pour se prononcer et donner sa décision. 

Date de dernière mise à jour : 18/03/2017