Emmanuel Macron promet 60 milliards d’économies

Le candidat d’En Marche a présenté vendredi 24 février le chiffrage de son programme, qui prévoit 60 milliards de baisse des dépenses courantes et 50 milliards d’investissements publics sur le quinquennat

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Emmanuel Macron a fait connaître dans un entretien aux Échos puis à RMC, vendredi 24 février, le cadrage financier de son programme pour la présidentielle.

Ses deux mesures phares pour « un nouveau modèle de croissance » portent d’une part, sur un plan d’économies dans les dépenses courantes de soixante milliards d’euros, d’autre part, sur des investissements publics à hauteur de cinquante milliards. Des montants plus modestes que ceux de ses grands rivaux François Fillon (LR), qui propose 100 milliards d’économies, et Jean-Luc Mélenchon (la France insoumise), qui veut investir 100 milliards par emprunt.

Le non-remplacement de 120 000 fonctionnaires

Les 60 milliards d’économies que veut réaliser l’ancien conseiller de l’Élysée rejoignent la ligne que s’était fixée François Hollande en 2012. Le candidat propose de les faire d’abord au sein de l’État (– 25 milliards de dépenses), dans l’assurance-maladie (– 15 milliards d’euros, sans suppression de postes à l’hôpital public mais avec une « réorganisation du système de soins ») ainsi qu’auprès des collectivités territoriales (– 10 milliards), avec lesquelles il veut conclure un « pacte » leur donnant des « marges de manœuvre ».

Le programme prévoit, dans ce cadre, le non-remplacement de 120 000 fonctionnaires « sur les 500 000 départs à la retraite prévus au cours du quinquennat ». Emmanuel Macron veut aussi lutter contre l’absentéisme en réinstaurant un jour de carence – mesure qu’avait abrogée François Hollande en 2012. Pour motiver les fonctionnaires, l’ancien ministre veut permettre de les rémunérer au mérite, rappelant que cette disposition figurait à l’origine dans le statut de la fonction publique de 1947. Les ministres qui ne mettront pas en œuvre les économies décidées ne seront pas gardés.

Une refonte complète du traitement du chômage

Toujours dans le cadre de la réduction des dépenses, Emmanuel Macron prévoit « dix milliards d’économies sur l’assurance-chômage grâce aux réformes structurelles ». Un renvoi à un projet clé de sa candidature présidentielle, qui prévoit notamment de financer l’assurance-chômage non plus par les cotisations salariales mais par la CSG et d’ouvrir le droit aux allocations-chômage à ceux qui démissionnent.

En contrepartie, les chômeurs auraient le devoir d’accepter une offre décente d’emploi, sous peine au deuxième refus de perdre leurs allocations. L’ancien ministre de l’économie ambitionne de ramener le taux de chômage à 7 % de la population active d’ici à la fin du quinquennat – soit un objectif voisin de celui de Jean-Luc Mélenchon (6 %), mais qui serait atteint par des voies différentes.

Date de dernière mise à jour : 26/02/2017