Emmanuel Macron joue la carte du rassemblement

Le candidat d'En marche ! s'est affiché avec Jean-Pierre Raffarin avant son meeting, vendredi soir, à Châtellerault (Vienne).

Dans cet entre-deux-tours sans pitié, Emmanuel Macron a choisi de parler ruralité, vendredi soir, à Châtellerault. Le candidat d'En marche! est arrivé en tête du premier tour dans cette ville et dans le département de la Vienne, mais les territoires environnants ont plébiscité Marine Le Pen, sa rivale du Front national. Devant plus d'un millier de personnes dans la salle de l'Angerlade, le favori des sondages a récusé la «thèse des deux France» qui se développe selon lui depuis le soir du premier tour. «J'entends qu'il y aurait une France des villes en ma faveur, et une France des champs qui doute derrière Le Pen», a expliqué Emmanuel Macron, pendant un discours de trente minutes retransmis simultanément dans cinquante villes. «Merci d'être là pour témoigner du contraire!», a-t-il lancé. L'ancienne première ministre de François Mitterrand, Édith Cresson, était au premier rang, à côté de Brigitte Macron.

Le candidat d'En marche! a brocardé «l'inexistence du front républicain», signe selon lui d'une «banalisation du Front national» et d'un «affaiblissement moral». «Beaucoup n'ont pas réalisé ce qui s'est passé (…). J'entends certains dire: “On prépare les législatives.” Ils se trompent!», a déploré l'ancien ministre, critiqué en début de semaine pour son discours triomphaliste du premier tour et sa soirée passée à la brasserie parisienne La Rotonde. Dans le viseur d'Emmanuel Macron: Jean-Luc Mélenchon. Le candidat de La France insoumise, arrivé en quatrième position, ne donne pas de consigne de vote. «Il commet deux fautes», a accusé Macron: «La première est de ne pas avoir l'esprit de distinction» et «la deuxième est d'avoir trahi les siens». «Ont-ils quelque chose à voir avec le ni-ni qu'il leur sert?», a tancé le candidat, sous les applaudissements.

Macron s'est engagé à ne fermer aucune école dans la ruralité

Avant de répondre aux questions diverses de la salle - sur le handicap, la guerre en Irak ou bien des demandes de selfies -, l'ancien hôte de Bercy s'est engagé à ne fermer aucune école dans la ruralité, à lancer un plan d'investissement de 5 milliards d'euros et à renégocier «filière par filière» la politique agricole commune (PAC) en 2020. Cette séquence agricole devait se poursuivre samedi matin, à l'occasion d'une visite d'une exploitation à Usseau.

 

Date de dernière mise à jour : 09/05/2017