Emmanuel Macron change le ton de sa campagne

Revenir au centre du débat public en multipliant les déclarations susceptibles de susciter des réactions, telle semble être la stratégie choisie par Emmanuel Macron. Le candidat à la présidentielle, qui s’est stabilisé autour de 22 ou 23 % d’intentions de vote au premier tour, est en quête d’une nouvelle dynamique alors qu’il est de plus en plus critiqué pour n’avoir pas encore dévoilé dans le détail son programme.
 
La colonisation, « un crime contre l’humanité »
 
Mercredi 15 février, dans une interview à la chaîne privée algérienne, Echourouk News, le leader d’En Marche ! est revenu sur la colonisation : Elle « fait partie de l’histoire française. C’est un crime, c’est un crime contre l’humanité, c’est une vraie barbarie et ça fait partie de ce passé que nous devons regarder en face en présentant aussi nos excuses à l’égard de celles et ceux envers lesquels nous avons commis ces gestes », a-t-il expliqué, ajoutant ne pas vouloir « balayer tout ce passé ».
 
Des déclarations qui tranchent avec celles qu’il avait faites en octobre. « Alors oui, en Algérie il y a eu la torture, mais aussi l’émergence d’un État, de richesses, de classes moyennes, c’est la réalité de la colonisation. Il y a eu des éléments de civilisation et des éléments de barbarie », avait-il affirmé à l’hebdomadaire Le Point.
 
Des déclarations qui irritent à droite
 
Les propos d’Emmanuel Macron ont suscité l’ire de la droite et de l’extrême droite. « Cette détestation de notre histoire, cette repentance permanente est indigne d’un candidat à la présidence de la République. Il y a quelque temps, M. Macron trouvait des aspects positifs à la colonisation. Ça veut dire qu’Emmanuel Macron n’a aucune colonne vertébrale. Il dit simplement ce que ceux qui l’écoutent veulent entendre », aestiméFrançois Fillon.
 
« C’est une faute grave », a jugé de son côté, Florian Philippot, vice-président du Front national. « Pourquoi dit-il cela, quelle plaie veut-il raviver ? C’est un crime contre l’humanité les routes qu’on y a laissées, les écoles qu’on y a mises, les hôpitaux qui ont été construits, la langue française qui a été laissée en héritage, la culture française ? », a-t-il ajouté sur LCI.

Date de dernière mise à jour : 19/02/2017