Emmanuel Macron a-t-il raison de vouloir mettre fin aux régimes

un des régimes spéciaux de retraite,  "grande loi de moralisation de la vie publique" contre le "népotisme", réforme de l'indemnisation chômage... Emmanuel Macron, accusé d'être trop vague dans ses propositions, abat ce matin les cartes sur son programme pour tenter de faire taire les critiques. 

Désormais favori pour l'emporter selon les sondages, le candidat d'En Marche! doit présenter en milieu de matinée devant près de 300 journalistes un document d'une trentaine de pages qui s'articule autour d'une "dizaine de grands thèmes, déclinés en de très nombreuses mesures", selon son équipe. 

Objectif: casser l'image bâtie par ses détracteurs d'un candidat "vague", qui "n'a pas de programme", ou cherche en permanence à ménager tantôt à gauche, tantôt à droite. 

Dans une interview au Parisien publiée en amont de sa conférence de presse, l'ancien ministre de l'Economie dévoile de nouvelles propositions (extension des allocations chômage aux démissionnaires et aux indépendants, gestion par l'Etat de la formation continue, exonération de taxe d'habitation pour 80% des ménages, renforcement des accords d'entreprise et de branche...) 

Nouveau gros chantier social proposé par le candidat Macron, là où Alain Juppé avait échoué en 1995: la fin des régimes spéciaux de retraite, avec une harmonisation progressive des règles "qui seront les mêmes pour tous les régimes" et une "vraie fin des inégalités entre fonctionnaires et salariés du privé".  

En revanche, contrairement au projet de François Fillon, l'âge de la retraite et le montant des pensions resteraient inchangés, tandis que le minimum retraite et l'allocation des handicapés seraient augmentés de 100 euros par mois. 

Adieu aussi le régime spécial de retraite des parlementaires, dans le cadre d'une "grande loi" de modernisation de la vie publique, réclamée par le nouvel allié de M. Macron, François Bayrou. 
                   
Quant à sa majorité présidentielle à l'Assemblée, Emmanuel Macron croit pouvoir réunir "plusieurs familles politiques", avec "la gauche sociale-démocrate, les radicaux de gauche, les écologistes, le centre, la droite", autour d'un "Premier ministre fort" pour "tenir les équilibres d'une telle majorité".  

Dans un projet qui se veut pragmatique, Emmanuel Macron propose aussi de continuer à créer des postes d'enseignants lors du prochain quinquennat, "entre 4.000 et 5.000" quand il compte supprimer 120.000 postes de fonctionnaires globalement. 

Date de dernière mise à jour : 18/03/2017