Education, chômage, retraite, sécurité… programme de Macron

 

Jeudi 2 mars, à Paris, Emmanuel Macron, candidat d’En marche ! à la présidentielle, a présenté six « chantiers », qui doivent structurer son programme. En voici les grandes lignes :

Création de postes d’enseignants et interdiction du portable dans l’enceinte des établissements

Le candidat défend un projet à la fois de « transmissions de nos valeurs » et d’« émancipation pour construire l’égalité des chances ».

Alors qu’il compte supprimer globalement 120 000 postes de fonctionnaires, Emmanuel Macron propose de continuer à créer des postes d’enseignants, « entre 4 000 et 5 000 ».

Les communes – qui gèrent les écoles primaires – décideront quelle semaine elles veulent mettre en place et choisiront si elles souhaitent arrêter ou poursuivre la réforme des rythmes scolaires. De manière générale, M. Macron plaide pour une « vraie autonomie au niveau de l’école », comme il l’a expliqué dans son interview au Parisien, notamment en ce qui concerne le recrutement et la pédagogie.

Les enseignants en zone prioritaire toucheraient une prime de 3 000 euros net par an. En CP et CE1 dans ces zones, il n’y aurait pas plus de douze élèves par classe, pour assurer un suivi quasi individualisé.

Par ailleurs, le téléphone portable ne serait pas seulement interdit en classe, mais dans toute l’enceinte des écoles et des collèges.

Des systèmes « universels » pour le chômage et la retraite

L’ancien ministre de l’économie prévoit entre autres réformes de « simplifier » l’assurance chômage. Dans l’entretien donné au Parisien, jeudi matin, il précise ainsi les modalités de cette réforme :

« On sort d’un système d’assurance financé par les cotisations pour aller vers un système universel financé par l’impôt et ouvert aux entrepreneurs, aux agriculteurs, aux indépendants, aux professions libérales, et aussi aux salariés qui démissionnent, dans la limite d’une fois tous les cinq ans ».

« Je proposerai un système universel d’indemnisation du chômage et aussi un système universel de retraite, plus transparent, plus efficace », a-t-il déclaré devant la presse jeudi.

Emmanuel Macron souhaite en effet mettre fin aux régimes spéciaux de retraites, avec une harmonisation progressive des règles pour une « vraie fin des inégalités entre fonctionnaires et salariés du privé ». M. Macron toutefois a souligné qu’il ne « proposerait pas de modifier l’âge légal de départ à la retraite » et que le montant des pensions resterait inchangé.

Emmanuel Macron a également proposé de rétablir l’exonération de cotisations sociales pour les heures supplémentaires, comme sous la présidence Sarkozy, mais sans reprendre l’idée d’une défiscalisation comme c’était le cas entre 2007 et 2012.

Introduction d’une dose de proportionnelle

C’était une des conditions exigées par François Bayrou pour sceller une alliance avec le leader d’En Marche ! : Emmanuel Macron a présenté jeudi plusieurs pistes pour une « moralisation de la vie publique ».

Le candidat entend « éradiquer les conflits d’intérêts », interdire « toute fonction de conseil pour tous les parlementaires » ainsi que « l’embauche de proches ou de membres de sa famille ». De son côté, il s’est engagé à ne pas investir « un candidat avec un casier judiciaire de type B2 », qui comprend la plupart des condamnations et décisions de justice.

S’il est élu, M. Macron « s’engage à rendre compte de ces engagements devant le Parlement une fois par an ». Il estime aussi que les ministres doivent être davantage auditionnés par des commissions parlementaires et que ces commissions « puissent se multiplier ». Les ministres « seront responsables pleinement de la gestion de leur portefeuille ministériel, et en particulier des engagements de finances publiques que je prends ».

« Cela sera évalué chaque année avec, si le respect n’est pas plein et entier, des décisions qui seront prises en termes de maintien devant le gouvernement. »

L’ancien ministre s’est dit « favorable à une dose de proportionnelle, qui permet de mieux représenter le pluralisme de notre vie politique ». Il compte également réduire d’un tiers le nombre de parlementaires.

 

Date de dernière mise à jour : 04/03/2017