Dumontet - Macron : l'impérieuse nécessité du sens

Sa présence à l'international est claire. Ceux qui pensaient qu'il ne ferait pas le poids en seront pour leur compte, et la France, par une conjonction d'éléments favorables – et Dieu sait qu'Emmanuel Macron a su bénéficier de circonstances heureuses –, peut se frayer de nouveau une place de premier choix sur l'échiquier mondial. Et c'est une bonne chose.
Dans l'Hexagone, il a su faire preuve tout au long de ces dernières semaines de son autorité, et personne ne peut le lui contester. Il a su, en même temps, jouer de son agilité pour dénouer des situations délicates, notamment en matière fiscale, sachant désavouer en un temps record son Premier ministre, qui pour l'instant n'a pas su se créer son propre espace politique, et c'est dommage pour l'exécutif. Il ne faudrait pas que le choix assumé du président de s'entourer de techniciens de haut vol ne devienne son talon d'Achille. Le meilleur conseil que l'on puisse donner à Édouard Philippe, c'est que le pouvoir ne se donne pas, il se prend. Emmanuel Macron en est la parfaite illustration.

On retiendra aussi que ce président ne manquera pas d'autorité ; elle est d'ailleurs indispensable à l'exercice du pouvoir, et le contre-exemple de François Hollande évite de gloser à l'infini sur ce sujet. Qu'auraient dit tous ceux qui ont vilipendé « l'autoritarisme juvénile » du président si ce dernier avait toléré que le chef d'état-major s'arrogeât des prérogatives qui n'étaient pas les siennes, bafouant par ses propos abrupts la règle qui veut qu'un militaire soit dans une démocratie au service des élus légitimes ?
À être trop seul, le président s'expose inutilement

Pourtant, l'équilibre de l'exercice du pouvoir est aujourd'hui subtil : le président a raison de vouloir restaurer la fonction, malmenée par ses prédécesseurs. On attend d'un chef qu'il se comporte comme tel, même avec ces relents thaumaturgiques. Mais, en même temps, la société s'accommode de moins en moins aujourd'hui d'un exercice autoritaire et solitaire du pouvoir ; Emmanuel Macron ne peut pas se contenter d'une verticalité exclusive, où il serait l'alpha et l'oméga de tout. À être trop seul, à ne pas avoir à ses côtés de personnalités assez fortes, le président s'expose inutilement.