Des économistes jugent l’équilibre du projet d’Emmanuel Macron

Ils l’attendaient avec impatience, après des semaines de mesures égrenées et de propositions lancées. Les économistes reconnaissent pour la plupart des qualités de forme au cadrage budgétaire du programme d’Emmanuel Macron : « C’est un travail rigoureux, habile », apprécie Mathieu Plane, économiste à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), et cheville ouvrière du cadrage économique d’Arnaud Montebourg lors de la primaire à gauche, en janvier. « [M. Macron] réfléchit à une réallocation des ressources avec à la fois une hausse de l’investissement public et une réduction des dépenses. Cela donne un rôle actif à l’Etat. Il n’y a pas cette idée que la sphère publique est uniquement une contrainte pour l’économie », souligne Philippe Waechter, directeur de la recherche économique chez Natixis AM.

Les hypothèses de croissance du produit intérieur brut (PIB), de 1,4 % cette année et 1,8 % en 2022, nettement plus prudentes que celles des autres candidats qui voient tous l’économie française décoller à plus de 2 % dès l’année prochaine, et la volonté de rester dans les 3 % de déficit public, assoient l’impression d’un projet en équilibre. Pour le candidat d’En marche !, il s’agit à la fois d’être ambitieux sur la méthode – transformer en profondeur des pans entiers de l’économie tricolore, comme les collectivités territoriales ou la logique du système de l’assurance-chômage – tout en ménageant un électorat encore volatil, de gauche comme de droite.

« Il propose un plan d’investissement [de 50 milliards d’euros], référence à ce que souhaitent Benoît Hamon ou Jean-Luc Mélenchon, et suggère une baisse du nombre de fonctionnaires [120 000 postes non renouvelés] mais moins violente que chez François Fillon », explique Alexandre Delaigue, économiste à l’université Lille-I. Pour s’attaquer au problème du chômage, « le cœur de [s] on projet », l’ancien banquier assure qu’il ne touchera pas aux montants des allocations et refuse toute dégressivité, mais veut mieux conditionner les prestations aux efforts de recherche des demandeurs d’emploi. Il jure qu’il ne touchera pas aux retraites, sujet politiquement explosif s’il en est, tout en promettant une proposition de réforme structurelle pour le 2 mars, date de présentation globale de son projet.

Date de dernière mise à jour : 26/02/2017