Déficits :Hollande pourrait se soustraire à la contrainte des 3 %

L'objectif d'un déficit public réduit à 3 % du PIB, arlésienne du débat politique français, pourrait être repoussé à 2018 - c'est-à-dire un an après la présidentielle - d'après un scénario qu'étudie sérieusement la Commission européenne.
 
De notre correspondant à Bruxelles,
 
Nicolas Sarkozy était passé outre, François Hollande pourrait s'y soustraire aussi. L'objectif d'un déficit public réduit à 3 % du PIB, arlésienne du débat politique français, pourrait être repoussé à 2018 - c'est-à-dire un an après la présidentielle - d'après un scénario qu'étudie sérieusement la Commission européenne.
 
L'exécutif européen rendra son verdict le 27 février sur la France, le budget 2015 et les réformes en cours - dont la loi Macron. Cinq mois après que la Commission a menacé de retourner le projet de loi de finances à Bercy, agité l'épouvantail de sanctions et critiqué le manque d'ardeur réformatrice du gouvernement Valls, l'heure est visiblement à la conciliation.
 
Sans détailler publiquement les mesures en chantier, Michel Sapin vient de faire savoir à Bruxelles que la France est «à un cheveu près» de remplir la condition première imposée par la discipline de l'euro: une réduction cette année de 0,5 % du déficit budgétaire structurel (hors-conjoncture), soit 10 milliards d'euros. Jusqu'ici le compte n'y était pas et il manquait de 3 à 5 milliards, selon le calcul des experts européens.