Comment les États gèrent les dépouilles des djihadistes

Que sont devenus les corps des assaillants du World Trade center et des attentats de Madrid? Auteur de Que faire du corps des djihadistes ?, la chercheuse Riva Kastoryano analyse l'enjeu symbolique de l'enterrement des terroristes depuis le 11 septembre 2001.
 
LE FIGARO: Vous avez étudié la question très précise du destin des corps des terroristes ; que s'est-il passé dans le cas des terroristes du 11 septembre, des attentats de Madrid et de Londres?
 
RIVA KASTORYANO*: Ce sont trois cas vraiment différents, qui dessinent trois problématiques.
 
Dans les cas des attentats du 11 septembre à New York, il s'agissait d'étrangers qui n'étaient pas nés, n'avaient jamais vécu aux États-Unis. Ils étaient l'exemple même de la mondialisation, sans places ni traces. Ils ont fini en cendres, comme leurs victimes dans les tours du World Trade Center. Il existe toujours une polémique car les familles des victimes ne veulent pas que les cendres des bourreaux ne soient mêlées à celles de leurs victimes. Les cendres ont été mises dans un dépôt, puis soumises à élimination, séparation, authentification. Des examens sont encore en cours dans des laboratoires pour identifier avec des outils technologiques très précis les cendres des victimes. Seuls trois kamikazes ont été identifiés à ce jour.