Ces sarkozystes qui disent toujours non à François Fillon

Lundi, le comité politique de LR a affirmé son soutien à la candidature de François Fillon. Une unanimité de «façade» pour certains cadres du parti qui plaident en faveur de François Baroin.

Lundi soir, Gérard Larcher a assuré que le comité politique LR soutenait la candidature de François Fillon à «l'unanimité». Reste qu'une partie des anciens fidèles de Nicolas Sarkozy refusent de se plier à cette décision. Au Figaro, Nadine Morano explique que «le comité politique crée par François Fillon pour coordonner sa campagne n'a aucune légitimité». Lundi matin, à la suite du désistement d'Alain Juppé, la députée européenne avait appelé dans un tweet les élus à parrainer François Baroin. Un voeu réitéré lundi soir sur BFM TV, après la décision du comité. «J'ai évidemment beaucoup d'élus qui sont prêts à appuyer sur le bouton pour parrainer François Baroin», assure-t-elle. Et ce alors même que les deux hommes ne partagent pas la même sensibilité politique? Nadine Morano explique qu'en cas d'empêchement du premier François, l'autre François reprendrait «les grandes idées du programme de Fillon», sans donner plus de précision.

Pour les sarkozystes, François Baroin représenterait l'alternative la plus crédible. Nadine Morano loue sa «parfaite connaissance de l'appareil de l'État», son réseau en tant que président de l'Association des Maires de France et son âge, 51 ans, qualité majeure face à Benoit Hamon et Emmanuel Macron.

La crainte d'une Bérézina aux législatives

Réunis mardi matin, chez Françoise, un restaurant proche de l'Assemblée Nationale, les sarkozystes n'ont pas manqué de critiquer la décision du comité politique. «Je regrette la décision d'hier soir. Mais je m'y plie. Ce n'est pas une occasion manquée c'est une occasion gâchée», a déploré le député Sébastien Huyghe. Moins docile, Georges Fenech, qui réclame le désistement de François Fillon depuis le début de l'affaire, a lâché: «Hier soir, c'était une unité de façade. Moi je vous le dis, c'est perdu. Je regrette que des figures ne se soient pas levées.» Le député du Rhône voit au-delà de la présidentielle: «Moi j'espère qu'après la défaite du 23 avril, on sauve une majorité! Battons-nous pour l'après!»