Benoît Hamon, le candidat qui pourrait faire élire Marine Le Pen?

Passé l'effet de surprise après sa victoire à la Primaire, les handicaps du candidat du PS apparaissent. Au point que certains se prennent à redouter un second tour d'élection présidentielle entre Benoît Hamon et Marine Le Pen.

 

De Léon Blum à Benoît Hamon. Un siècle d’histoire du Parti socialiste. En 1920, après le congrès de Tours, confronté à la scission et la création du Parti communiste, Léon Blum avait choisi de garder « la vieille maison ». En 2017, coincé entre Jean-Luc Mélenchon sur sa gauche et Emmanuel Macron sur sa droite, c’est Benoît Hamon qui a choisi de se lester du poids de l’histoire. Sauver le PS. Sauver Epinay. Sauver des élus. Tout cela paraît bien lourd pour les frêles épaules d’un homme que l’on peine à imaginer face à Merkel, Poutine et Trump dans les sommets du G7…

En une semaine, le petit soufflé monté dans l’élan de la victoire à la Primaire semble déjà retombé. Cruel sondage. Dans l’incontournable "rolling" de l’IFOP, un sondage mis à jour au quotidien, le candidat du Parti socialiste est passé de 18 à 14% des voix en une petite semaine. Une chute comparable à celle de François Fillon. Pour le moment masquée par cette même chute de François Fillon, dont les déboires alimentent la machine médiatique.

Hamon à la peine

C’est que Benoît Hamon est à la peine. Qui ne paraît pas, pour le moment, en capacité de rassembler le Parti socialiste derrière lui. Qui affiche, intervention après intervention, sa difficulté à se poser en Jupiter possible. Qui s’enferme dans le vieux monde du Parti socialiste. Les congrès. Les alliances. Les appareils. Le MJS. L’UNEF. La "majo". La "mino". Le congrès de l'automne 2017, avec Najat Vallaud-Belkacem comme adversaire pour le poste de Premier secrétaire. Comme si rien n’avait bougé autour de la rue de Solferino. Rien. Jamais.

"C’est incroyable, il n’avait pas préparé son discours à la Convention d’investiture de dimanche, le plus important de sa vie politique… On aurait dit un prof d’histoire candidat pour le PSU", confesse un proche de François Hollande, fin connaisseur des choses de la vie du Parti socialiste, qui ajoute: "Et quel sectarisme ! Pas un candidat de la Primaire appelé à parler… En réalité, cette convention, c’était la grande revanche de 2011 !"

2011. La Primaire perdue par Martine Aubry et Anne Hidalgo, toutes les deux au premier rang dimanche dernier, avec Christiane Taubira, pour bénir l’intronisation d’Hamon. 2011 enfin vengée. Hollande au purgatoire. Valls dans les limbes. Les Frondeurs au paradis. Le rêve, enfin, qui redevient rêve.

Date de dernière mise à jour : 12/02/2017