Bayrou, l'alliance sanglante avec Macron pour tuer Fillon...

Les mots et leur précision sémantique que défend le très littéraire François Bayrou ont trop d'importance pour effacer d'un simple trait la longue liste de ses commentaires assassins à destination de celui à qui il propose aujourd'hui "une alliance". On pourrait même considérer que François Bayrou fut jusqu'à hier l'analyste politique le plus régulier et le plus critique du cas Macron depuis le début de l'aventure de l'ex protégé du couple Hollande/Jouyet. Hologramme marionnette de l'hypercapitalisme qui domine le monde et de très grands intérêts financiers avides du pouvoir politique. Haut fonctionnaire et banquier d'affaires responsable de l'échec économique du quinquennat Hollande. Candidat au programme attrape tout, sans substance mais au projet de société proche de celui de Nicolas Sarkozy en 2007 et au programme économique proche de celui de François Fillon.

S'il ne s'agit d'une démarche d'allégeance, le béarnais a très vite, trop vite, ne lui en déplaise, tenté de noyer dans une formule d'alliance cette description continue si lucide et si précise des réalités de la candidature d'Emmanuel Macron.

Mouvement, totalement opportuniste

Comme nous, les observateurs de la vie politique, la plupart des ses amis peut-être, ne pouvaient imaginer que l'ex leader de l'UDF s'associerait, puisqu'il s'agit finalement de cela, à celui qu'il avait si intensément critiqué. Pour être juste, aucun autre candidat ne trouvait grâce à ses yeux.

En vérité, ce mouvement, totalement opportuniste, clôture son ambition présidentielle propre et peut-être même nationale. Loin, très loin de la volonté officiellement affichée d'allier des sensibilités différentes qui s'unissent « dans la confrontation, l'influence et le partage »,  ce véritable revirement s'explique seulement par une volonté de peser sur le résultat de la présidentielle mais aussi sur celui des législatives.

D'abord, éliminer Fillon

Objectif numéro 1 : éliminer politiquement François Fillon dès le premier tour. Un François Fillon qui l'aurait rejeté sommairement et surtout un François Fillon devenu, depuis le « Penelope Gate », pour François Bayrou comme pour beaucoup d'autres, la poupée de Nicolas Sarkozy. Objectif numéro 2 : favoriser une Assemblée Nationale sans majorité absolue pour le président ou la présidente élue et en finir définitivement avec la logique binaire de la Vème République. Et plus loin, faire exploser Les Républicains et le Parti Socialiste.

Alliance seulement sanglante donc, qu'il tente de nettoyer dans un dernier mouvement de bras et dans une ultime défense de la France, de son histoire et de sa culture. Tout ce que son nouvel allié piétine sans ménagement. François Bayrou rappelle ainsi que la colonisation n'était pas « un crime contre l'humanité » et que « La culture française est quelque chose de bien réel, d'existant et de très important ». L'honneur est sauf ...

Date de dernière mise à jour : 28/02/2017