Après une semaine compliquée, Emmanuel Macron marque le pas

En attendant Godot… Annoncée pour la semaine dernière, puis pour mercredi 22 février, la présentation du cadrage budgétaire et fiscal du programme d’Emmanuel Macron a été une nouvelle fois repoussée, cette fois au vendredi 24 février, avant l’annonce de son « contrat avec la nation » prévue le 2 mars. Son entourage invoque des arbitrages tardifs pour expliquer cet énième délai, mais il intervient au plus mauvais moment, alors que la pression sur le fondateur d’En marche ! est maximale à propos de son projet, dévoilé au fil de l’eau mais pour l’instant sans cohérence d’ensemble.

 

Ce nouveau report alimente la frustration de ceux qui voudraient enfin clarifier la campagne et mettre un terme au trou d’air que connaît l’ancien ministre depuis son meeting de Lyon, le 4 février. Un trou d’air qui s’est transformé en bourrasque la semaine dernière, avec ses déclarations tranchées sur la colonisation et le mariage pour tous, qui ont déplu tantôt à la gauche, tantôt à la droite, alors que M. Macron dit vouloir rassembler les deux camps.

Dans l’entourage de l’ex-ministre de l’économie, on reconnaît que « la semaine dernière a été compliquée ». Mais on dit aussi assumer. « Macron veut parler à tout le monde car si vous antagonisez, vous restez le président de 25 % des Français et vous ne pouvez rien réformer. Cela a été l’erreur de Sarkozy puis de Hollande », explique Benjamin Griveaux, porte-parole d’En marche !. « Tout cela ne serait pas arrivé si on était troisième dans les sondages, ajoute un proche du candidat. Tout ce qu’on dit est aujourd’hui disséqué, déformé, exploité. C’est violent mais c’est la campagne. »

« On lèche, on lâche, on lynche »

Ces premières difficultés, relatives à l’identité politique encore mal définie d’un candidat très neuf sur la scène politique, sèment néanmoins le doute chez un certain nombre d’élus PS, qui ne peuvent se résoudre à soutenir M. Hamon et envisageaient de rejoindre M. Macron. « Tout cela n’est pas très pro, soupire l’un d’eux. A ce niveau-là, exposé comme il est, il ne devrait plus improviser sur scène. Tout doit être millimétré. Il n’a plus droit à l’erreur. »

L’inquiétude gagne aussi des élus macronistes, qui voient avec appréhension François Fillon revenir dans le sillage de leur champion. « Le faux plat que connaît Emmanuel n’est pas une surprise mais il ne faut pas que les courbes avec Fillon se croisent à nouveau,...


 

Date de dernière mise à jour : 24/02/2017