50.000 allocataires exclus des APL?

en raison d'un effet de seuil, la baisse de 5 euros des APL devait théoriquement priver 50.000 personnes de toute aide au logement. Or, toute aide inférieure à 15 euros n'est plus versée au bénéficiaire. Par conséquent, tous les bénéficiaires touchant actuellement entre 15 et 19 euros devaient sortir définitivement du dispositif.
 
Et ce n'est pas rien, puisque cette perte pourrait représenter 228 euros par an pour les bénéficiaires concernés. Une perte sèche pas franchement facile à vendre, que le gouvernement a finalement préféré éviter. "La baisse de cinq euros n'a jamais été pensée comme une méthode pour exclure les personnes ayant droit à une allocation inférieure à 20 euros", explique au HuffPost l'entourage de Jacques Mézard, ministre de la cohésion des territoires.
 
"En effet, le gouvernement a décidé de fixer le seuil de 10 euros, ce qui sera mis en oeuvre en même temps que la mesure elle-même", fait savoir le ministère, assurant que "toute personne qui recevait les APL avant cet ajustement continuera à les percevoir".
 
Un argumentaire bien rôdé, que le ministère a exposé dans les mêmes termes dans les colonnes de Capital. Pour autant, fait remarquer le magazine économique, les bénéficiaires touchant entre 15 et 19 euros d'APL verront tout de même leurs aides baisser (un allocataire touchant 17 euros, en percevra 12 après la réforme).
 
Il faut dire que cette annonce surprise a suscité un véritable tollé, et a irrité jusqu'au plus haut niveau de l'État. "C'était une connerie sans nom!", a regretté en privé Emmanuel Macron. La décision de réduire de cinq euros par mois les aides personnelles au logement afin de renflouer les finances de l'État, annoncée le 22 juillet, a suscité la colère immédiate des étudiants. Les élus de la majorité ne sont pas toujours parvenus à défendre la mesure, en renvoyant notamment la responsabilité au gouvernement précédent.