Infraction de commission et d’omission

La plupart des textes pénaux répriment des comportements antisociaux, des démonstrations de violence à l’égard de la société ou de ses membres.
Suivant la conception libérale, révolutionnaire, selon laquelle on est libre de faire ce qui nous plait tant que cela ne porte pas atteinte à la liberté d’autrui, le droit se contente généralement de sanctionner des comportements, récompensant a contrario l’abstention.
On s’est aperçu que cela n’allait pas sans poser problèmes, illustrée par exemple par une affaire de séquestration à Poitiers : « le délit de violences étant un délit de commission, le délaissement sans soin ni hygiène d’une personne aliénée mentale ne peut être sanctionné pénalement »1.
La société évoluant vers une prise en compte croissante des droits sociaux, depuis la fin du xixe siècle, le droit a pu imposer de véritables obligations positives de solidarité humaine, pénalisant des abstentions coupables qui révèlent un mépris pour la vie ou les intérêts fondamentaux d’autrui : non assistance à personne en danger, refus de témoigner en faveur d'un innocent, abandon de famille...