Comment détecter et prouver une fausse signature ?

Les indices permettant de détecter une imitation de signatures sont très nombreux.

 

L’expert graphologue, expert en écritures et documents dans le milieu judiciaire, examine près de deux cents points de contrôle lors d’une comparaison de signatures. Plusieurs de ces éléments graphiques sont facilement identifiables sans une formation dans le domaine de l’expertise graphologique, permettant aux particuliers, avocats, enquêteurs et autorités judiciaires de repérer les premiers indices de fraude documentaire.

 

Parmi ces éléments on peut évoquer :

 

  • La vitesse scripturale : normalement, les imitations de signatures comportent une vitesse graphique plus faible, les traits finaux s’arrêtent soudainement, on peut observer la présence de torsions, et petits tremblements, de doutes, de reprises inhabituelles, etc.
  • La spontanéité : Étant en rapport avec la vitesse, une imitation servile de signatures présente un niveau plus faible de spontanéité. Par contre, si l’imitateur s’exerce à reproduire la signature au préalable, le niveau de spontanéité peut s’avérer comparable.  
  • La continuité : les lettres et traits graphiques ne sont pas reliées entre eux de la même forme et au même endroit. Le faussaire essai de reproduire un modèle de signature de la personne lésée qu’il a sous les yeux, en oubliant les habitudes graphiques d’auteur.
  • La ligne de base de la signature : La ligne de base de la signature est un élément subconscient, normalement reproduit à l’identique dans toutes les signatures d’un même auteur, et très difficile à imiter.
  • L’inclinaison des lettres : L’inclinaison des lettres par rapport à la ligne de base de la signature est un élément récurrent sur les signatures d’un même auteur. Souvent, les faussaires reproduisent cette inclinaison mais par rapport aux axes de la page présents sur le modèle à imiter. Il s’agit d’une erreur assez classique des imitateurs amateurs.
  • La direction : La direction de la signature reste très souvent inchangée, état un élément graphique facile à imiter. Mais souvent, l’imitateur est limité par une case de signature, en oubliant cet élément graphique.
  • L’ordre chronologique des traits : Toutes les signatures émanant d’un même individu comportent normalement le même nombre de traits graphiques, étant apposés dans le même ordre chronologique. Les faussaires modifient souvent l’ordre chronologique car il en faut plusieurs signatures de référence pour l’établir si la signature est complexe.
  • Les proportions graphiques : Chaque lettre, chaque trait graphique a des proportions très personnalisés au niveau de la signature, étant très difficiles à imiter.
  • La pression scripturale : La pression ou appui d’un stylo sur un support est invisible à l’œil nu. Elle est souvent confondue avec le calibre du trait. Un trait large et nourri n’est pas synonyme d’une pression lourde, mais d’un outil à pointe large ou d’un excès d’encrage. On peut apposer une signature à pression très faible avec ce type d’outil scriptural, donnant l’impression d’une écriture appuyée.  Dans le cas contraire, on pourrait apposer une signature à pression lourde, à l’aide d’un stylo à pointe très fine, voire défaillante, et le résultat ressemblerait à une écriture à pression faible. La pression scripturale est analysée et comparée par l’expert graphologue au niveau d’infrarouges.