Cigarettes, dons d'organes, IVG...

De la loi Touraine, on n'aura retenu que la généralisation du tiers payant qui a cristallisé le mécontentement des médecins libéraux. C'est peu au vu des 57 articles qu'elle contient. Tour d'horizon d'une loi qui ratisse large.
 
Alors que commence l'examen du projet de loi santé à l'Assemblée nationale, les médecins ont démarré une nouvelle journée de grève pour protester contre la généralisation du tiers-payant. On semble l'oublier mais ce texte contient bien d'autres mesures.
 
Prévention des addictions
 
La loi Touraine prévoit notamment l'instauration du paquet neutre comme en Australie et au Royaume-Uni. A partir de mai 2016, tous les emballages de cigarettes devront être de taille et de forme identique. Les logos disparaitront et la marque sera mentionnée en petits caractères.
 
Très remontés contre cette mesure, les buralistes baisseront symboliquement dans toute la France leur rideau entre 14H00 et 15H00. De plus, une manifestation devait partir à la mi-journée du ministère de la santé jusqu'à l'Assemblée.
 
Ce projet de loi prévoit aussi une expérimentation de salles de consommation de drogue à moindre risque ou "salle de shoot". Ces lieux visent à diminuer les risques d'infection pour les toxicomanes (HIV, hépatite...). Ils ont aussi pour but de rapprocher les consommateurs de drogue et les professionnels de la santé.
 
Tarifs sociaux
 
Ces derniers devraient être élargis aux soins dentaires, aux lunettes ainsi qu'aux prothèses auditives.
 
Actions de groupe
 
En cas de litige de nature médicale, des actions de groupe seront possibles. Les plaintes des victimes de scandales sanitaires pourront ainsi être regroupées ce qui les rendraient plus efficace.
 
Don d'organes
 
Le principe de consentement présumé serait renforcé. Les personnes refusant à leur mort ce genre de prélèvement devraient ainsi s'inscrire sur un registre national qui ouvrira à partir de 2018.
 
Interruption volontaire de grossesse
 
La semaine de réflexion imposée aux femmes souhaitant avorter serait supprimée. A l'heure actuelle, deux consultations médicales espacées de sept jours sont obligatoire avant toute interruption volontaire de de grossesse.
 
Droit à l'oubli pour les anciens malades
 
Seule disposition qui tend à faire l'unanimité, cette mesure devrait permettre aux anciens malades du cancer d'emprunter de l'argent sans payer de fortes primes d'assurance. La Fédération française des sociétés d'assurances s'est déclarée en faveur de l'institution de ce droit à l'oubli ouvrant ainsi la voie à une adoption rapide.
 
Généralisation du tiers payant
 
A toutes ces mesures s'ajoute bien sûr la généralisation du tiers-payant à l'horizon 2017. Si cette disposition est adoptée, les patients n'auront plus à avancer les frais de consultation avant d'être remboursés par la sécurité sociale.